Track Of The Moon Beast

Etats-Unis - 1976 - Richard Ashe
Interprètes : Chase Cordell, Leigh Drake, Gregorio Sala, Patrick Wright, Francine Kessler

Pour son tout premier film en tant que réalisateur, le jeune Richard Ashe, qui a déjà travaillé en tant que premier assistant sur une poignée de métrages comme A PLACE CALLED TODAY ou GIRLS ARE FOR LOVING, a décidé de reprendre à son compte le thème de la lycanthropie, en y rajoutant une touche de science-fiction “moderne” sur un fond de légende indienne avec TRACK OF THE MOON BEAST.

Alors qu’il observe une pluie de météorites, le scientifique Paul Carlson (Chase Cordell) est foudroyé par l’impact d’un minerai lunaire qui est venu se loger directement dans son crâne. Quelques temps plus tard, Paul se transforme en un monstrueux lézard sanguinaire dès l’apparition de la lune, pour ne se réveiller que le lendemain avec des nausées, et sans aucun souvenir particulier. De plus en plus sujet à d’atroces migraines, Paul se fait alors aider par sa petite amie Kathy Nolan (Donna Leigh Drake) et son meilleur ami, le professeur Johnny Longbow (Gregorio Sala)…
Initialement tourné et finalisé en 1972, le film ne sortira que quatre ans plus tard, directement à la télévision, à cause de refus d’un bon nombre de studios et de distributeurs de sortir le premier effort de Ashe…
…et pour cause ! TRACK OF THE MOON BEAST est truffé de nombreux défauts qui ne font pas honneur à son scénario et aux idées intéressantes qui pouvaient en découler (les légendes indiennes).
En effet, pour son tout premier film, il est indéniable que Richard Ashe n’est pas à l’aise dans le costume de réalisateur : la direction d’acteur est quasi inexistante et très statique (surtout Gregorio Sala), ce qui ne donne pas au métrage l’énergie nécessaire pour capter l’attention du spectateur et de contrebalancer son petit budget par l’envie de bien faire…
De fait, l’enchaînement des différentes scènes au fil d’une narration très décousue, est difficile à appréhender, si bien qu’on ne comprend pas toujours qui se passe et quelles sont les intentions réelles des différents protagonistes un peu livrés à eux-mêmes (les policiers censés être à la recherche de la créature en début d’après-midi dans la montagne restent à proximité de leur voiture jusqu’à la nuit tombée, le professeur Longbow fait appel à deux éminents biologistes pour étudier le cas de Paul, mais ils ne feront rien de spécial…).
De plus, les erreurs de montage ne permettent pas de véritablement rentrer dans le sujet tant elles sont grossières (dans un premier plan Paul est en caleçon dans une chambre d’hôpital, et dans le suivant il est en pyjama… et dans une autre chambre !). Si on ajoute à cela une prise de son approximative (il faut parfois tendre l’oreille pour entendre des dialogues couverts par un moteur de voiture), une gestion de la photographie aléatoire avec des surexpositions / sous expositions flagrantes, ainsi que des effets spéciaux ratés, on n’est loin d’un véritable naufrage artistique…

Cependant, tout n’est pas à jeter dans TRACK OF THE MOON BEAST. Ainsi, malgré toutes les tares du film, Richard Ashe parvient quand même à insuffler quelques bonnes idées dans son récit, notamment dans la mise en avant des pertes des repères psychiques de Paul et dans sa relation amoureuse avec Kathy. D’ailleurs, la délicieuse Donna Leigh Drake tire elle, son épingle du jeu dans son rôle de jeune femme amoureuse qui se voit peu à peu perdre celui qu’elle aime. Et malgré toutes ses tentatives désespérées pour le sauver, elle comprend au fond d’elle-même, que l’issue ne pourra qu’être fatale…
De son côté, le personnage de Paul reste lui aussi intéressant – même s’il manque d’épaisseur et que Chase Cordell est monolithique dans son jeu d’acteur – notamment dans sa prise de conscience de sa transformation et son incapacité à la contrôler. Son désarroi est d’ailleurs accentué par ses remords, suite aux meurtres qu’il commet quand il n’est plus lui-même.
Mais ce sera (malheureusement) tout !

En fin de compte, TRACK OF THE MOON BEAST reste un (tout) petit divertissement SF à la sauce 70’s qui peut se laisser regarder si on n’est vraiment pas trop exigeant. Ce sera le seul et unique film de Richard Ashe derrière la caméra, et l’homme quittera pour de bon le monde du cinéma quelques temps plus tard. On ne peut pas dire qu’il aura laissé un souvenir impérissable de son empreinte au sein du septième art…


- Article rédigé par : Vincent Trajan


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