Trains de Terreur

Après un excellent TRAINS DE CAUCHEMAR en 2012, voici l’attendu TRAINS DE TERREUR !
Toujours associés dans l’exploration des littératures anciennes, Les Aventuriers de L’Art Perdu et la Clef d’Argent sortent donc ce superbe recueil de 23 textes (des nouvelles et un extrait de roman), emballé sous une couverture d’époque, terriblement évocatrice, de Adolphe Louis Charles Crespin.
Comme en 2012, chaque texte est commenté et chaque auteur possède sa notice bio-bibliographique, ce qui s’avère une nouvelle fois absolument enrichissant pour le lecteur curieux.
En littérature comme en cinéma, une saine curiosité n’est JAMAIS un défaut ! Ce ne sont pas les lecteurs de SUEURS FROIDES et les assidus de la Clef d’Argent qui diront le contraire…
Philippe Gontier réalise là une nouvelle anthologie souvent passionnante si l’on aime le charme suranné des écrivains de la Belle Epoque. Certes, les textes ont plus ou moins bien vieilli et s’avèrent évidemment bien différents des thrillers et des horreurs littéraires actuelles (et heureusement !) mais enfin, globalement, la qualité est toujours au rendez-vous. Certains contes sont délicieusement datés et d’autres, par la force de leur sujet, quasi intemporels.
TRAINS DE CAUCHEMAR versait volontiers dans le fantastique pur et dans l’anticipation ancienne… TRAINS DE TERREUR un peu moins (il touche même parfois au mélodrame), mais l’inquiétude, voire l’angoisse, répondent presque toujours présents… Et la noirceur, et le désespoir !
Les trains et les gares : un univers fascinant avec son cortège d’accidents mortels, de voleurs, de tueurs fous, de violeurs et de détrousseurs de cadavres.
Songez un peu : des tunnels ténébreux où tout peut arriver à la faveur de la pénombre, une grande vitesse propice à tous les accidents mortels, le partage d’un voyage avec de parfaits inconnus – autant de criminels potentiels !
Parmi nos favoris cette fois, citons rapidement les assassins psychopathes de EN WAGON et UNE HEURE D’EXPRESS, le violeur cynique du BAISER POSTHUME ou les détrousseurs sanguinaires d’un très réussi DOUZE HEURES D’UN TAMPONNE.
Qu’on le lise lors d’un périple ferroviaire (que l’on souhaite des plus agréables et paisibles) ou tranquillement installé dans un confortable fauteuil, le voyage méritera assurément d’être vécu. Notons pour finir que nombre des auteurs présentés ici donnent très envie d’en avoir une connaissance approfondie, peut-être à travers de futurs recueils. Edmond Haraucourt ou Georges Price par exemple.