Un hold-up extraordinaire

Nominé pour trois Oscar, ce « film de casse » débute lorsque Harry, un séduisant cambrioleur (joué par Michael Caine) aborde la chanteuse et « danseuse privée » Nicole (Shirley MacLaine). Harry a besoin de la demoiselle, sosie de la femme défunte d’un milliardaire oriental, Shahbandar, pour dérober une statue chinoise d’une inestimable valeur. Le plan se déroule sans accroc : Harry et Nicole sont invités par Shahbandar, Nicole le séduit sans prononcer une parole et Harry s’empare de la statue. Tout le monde partage le butin. Fin ? Euh…pas tout à fait puisque nous sommes seulement à 30 minutes de projection et qu’il s’agissait des explications données par Harry à son ami Emile. Mais celui-ci est convaincu de la faisabilité du plan et Nicole accepte de jouer les appâts. Malheureusement, cette fois, rien ne se déroule aussi bien que prévu.
Avant de se faire un nom avec deux classiques du cinéma catastrophe, le boiteux METEOR et l’excellent L’AVENTURE DU POSEIDON, Ronald Neame avait tourné ce très joyeux « film de casse » qui s’inscrit dans la lignée de TOPKAPI (sorti l’année précédente) et de L’INCONNU DE LAS VEGAS. Néanmoins, le scénario circulait depuis quelques années déjà, ayant été écrit en 1960 en tant que véhicule pour Cary Grant. Lorsque ce-dernier quitta le projet, UN HOLD UP EXTRAORDINAIRE fut réécrit pour donner plus d’épaisseur au personnage de Shirley MacLaine qui suggéra de donner la réplique à Michael Caine.
En 110 minutes bien remplie, UN HOLD UP EXTRAORDINAIRE livre de nombreux rebondissements (certains surprenants, d’autres plus attendus) sur un ton ludique et toujours amusant. Difficile d’en dire plus sur cette intrigue retorse (avec quelques passages peu vraisemblables mais n’est-ce pas une caractéristique du genre ?) sans dévoiler les méandres d’un scénario maintenant l’attention du spectateur par ses retournements de situation fort plaisant.
De plus, UN HOLD UP EXTRAORDINAIRE se voit joliment défendu par un casting haut de gamme composé de Michael Caine (qui, à la même époque, incarnait un autre Harry dans la saga d’espionnage Harry Palmer, débutée avec IPCRESS DANGER IMMEDIAT), Shirley MacLaine et Herbert Lom (le Dreyfuss de la saga LA PANTHERE ROSE). Bref, pas de quoi se priver de cet aimable et classieux divertissement souligné par une bande originale très lounge, des décors somptueux (dont une chambre escamotable) et une photographie aux couleurs éclatantes. Du pur cinéma pop sans prétention mais rudement réussi.
En 2012, Michael Hoffman livra un remake, écrit par les frères Coen, sous le titre de GAMBIT – ARNAQUE A L’ANGLAISE avec Colin Firth, Cameron Diaz et Alan Rickman reprenant respectivement les rôles de Caine, MacLaine et Lom.