V.H.S. 94

Etats-Unis - 2021 - Timo Tjahjanto, Simon Barrett, Chloe Okuno, Ryan Prows, Jennifer Reeder
Interprètes : Anna Hopkins, Sean Patrick Dolan, Dru Viergever

Un commando du SWATT est affecté sur une mission de démantèlement d’un laboratoire de narcotique. Mais quand ils pénètrent les lieux, ils comprennent rapidement que ce n’est pas ce qu’ils pensaient. Ils tombent sur des corps énucléés face à des écrans constellés de neige magnétique, entourés de VHS. Une voix passant par des haut-parleurs parle d’éternité.

V.H.S. 94

V/H/S 94 reprend le principe des deux opus précédents de la saga V/H/S à savoir du film d’anthologie found footage. Le concept est à chaque fois le même, des personnes pénètrent une maison où se trouvent des cassettes VHS, et un assez grand nombre d’écrans qu’ils commencent à les visionner bien que l’endroit soit totalement effrayant. Chaque cassette visionnée est un segment horrifique filmé par un réalisateur différent. Et chaque cassette visionnée rend un peu plus fous ceux qui la regarde.

Une anthologie “retro”

Cet opus a une différence avec les autres: l’époque. Situé en 94 les segments nous replongent dans les années 1990. Enfin, sont supposés. Car tous ne jouent pas spécialement la carte du vintage.

Certes le tout premier met en avant les tenues, coiffures et le style de l’époque, en suivant des journalistes voulant enquêter sur un “homme-rat” qui aurait été aperçu dans les égouts d’une petite ville américaine. Entre la journaliste prête à tout pour rafler des prix et un caméraman un peu voyeur, leur reportage est voué à mal tourner. Ce segment de Chloé Okuno a une fin très réussie et joue la carte de la simplicité.

V.H.S. 94

Entre le premier et le second s’intercale une fausse pub assez marrante, qui elle, est totalement datée même si on voit encore ce genre de pub de nos jours.

Le second ne joue pas vraiment la carte de l’époque, si ce n’est que la jeune femme demeurant seule à une étrange veillée funéraire n’a pas de téléphone portable pour appeler à l’aide quand une coupure d’électricité se produit suite à un orage. Ce segment de Simon Barrett est plus simpliste, mais repose sur un twist efficace.  

Un segment indonésien lorgnant du côté du cyberpunk

Le troisième segment, quant à lui, nous propose du cyberpunk, dans l’air du temps dans les années 90! Un savant fou veut créer des hommes-machines et pour cela kidnappe de jeunes gens. Une équipe d’intervention débarque, mais la police, corrompue, n’est pas là pour faire dans le détail. Et très vite, ça tourne à la boucherie. Ce segment de Timo Tjahjanto est sans doute le meilleur, en tout cas, le plus dérangeant. C’est également le seul réalisé hors des Etats Unis, ce qui est toujours sympa, d’autant que le cinéma indonésien est bien barré en termes d’horreur.

V.H.S. 94

Le dernier s’inscrit bien dans les années Clinton, mais par sa thématique est résolument moderne, puisqu’il suit un groupe d’hommes bien résolus à détruire le système en infectant le gouvernement par du sang de vampire. Surarmée, cette bande d’imbéciles va fatalement voir ses plans tourner à la catastrophe. Ce segment est réalisé par Ryan Prows.

Le fil conducteur de l’équipe du SWATT est quant à lui réalisé par Jennifer Reeder. On notera qu’il y a deux femmes à la réalisation, chose encore trop rare dans le cinéma. Sa conclusion bien que sautant aux yeux, fait tout de même mouche.

La différence avec les précédents V/H/S se situe également dans la production. Il s’agit d’une co-production entre le site Bloody Digusting films, Radio Silence Productions, Cinepocalypse Productions, Studio71, Raven Banner Entertainment et la plateforme de streaming dédié à l’horreur Shudder Original Films. Cette dernière, à la différence de Netflix, offre des sorties sur support physique à ses films. Gageons que le film connaîtra à minima ce type de sortie en France.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite


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