Watch out

Australie, États-Unis - 2016 - Chris Peckover
Titres alternatifs : Safe Neighborhood
Interprètes : Dacre Montgomery, Virginia Madsen, Patrick Warburton

A l’approche de Noël, Luke un adolescent de 13 ans s’estime trop vieux pour être encore babysitté, mais suffisamment grand pour draguer sa jolie baby-sitter de trois ans plus vieille que lui. Cette nuit est supposée être leur dernière puisque Ashley déménage. Luke en profite donc pour lui déclarer sa flamme, mais c’est sans compter sur la présence menaçante de rôdeurs qui semblent décider à s’en prendre à la belle maison.

Construit comme un mélange entre SCREAM et MAMAN J’AI RATÉ L’AVION, ce deuxième long métrage de Chris Peckover joue avec les codes du home invasion avec une bonne dose d’humour noir, de sadisme. Le film joue aussi sur un duel d’intelligence qui rend clairement hommage aux thrillers des années 90. Entre la sexy baby-sitter qui se dévoile aussi brillante que belle, et le jeune Luke plein de ressources, les rôdeurs n’ont qu’à bien se tenir… à condition bien sûr, qu’ils ne soient pas la seule menace…

SAFE NEIGHBORHOOD est un film intelligent qui connaît les goûts des spectateurs et surtout leurs attentes. Il ne cesse de jouer avec, bousculant à chaque fois le récit, et le faisant pivoter sur lui-même sans s’emmêler les pinceaux. Jusqu’à présent, on avait connu le cinéma de Christopher Smith (TRIANGLE, DÉTOUR) qui parvenait à faire cela sans prendre la tête de ses spectateurs, et voilà que le jeune Chris Peckover s’avère aussi doué pour le film d’horreur conçu comme une partie d’échec.

Intelligent, redoutable, sadique, SAFE NEIGHBORHOOD se déguste très bien. C’est un film non seulement divertissant et efficace mais en plus intelligent. C’est aujourd’hui assez rare pour être souligné. Le spectateur n’est jamais pris pour quelqu’un de stupide, mais au contraire, une sorte de complice pas vraiment dupe. Il est donc très plaisant de visionner le film et de s’immiscer dans cette maison de tous les dangers.

Seul reproche, une mise en scène trop classique qui n’ose pas aller aussi loin que le fait son scénario. Si celui-ci est intelligent et ludique, la mise en scène, elle, se contente de rester fixement droite, n’osant que de brefs mouvements de caméras. Ce qui rend le film un peu trop plan-plan quand on aimerait un brin d’audace avec la caméra pour souligner l’audace de ses personnages et de son scénario. Un défaut qu’on peut sans doute mettre sur la jeunesse de son réalisateur.


- Article rédigé par : Sophie Schweitzer
- Ses films préférés : Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà