Zombie Fight club

L’arrivée d’une nouvelle drogue crée une épidémie de zombies qui envahit la ville, et spécialement le building où se trouvent une bande de mafieux qu’une escouade de policier pourri allait justement attaquer, bien moins en quête de justice que d’un magot à s’approprier. (…) Un an plus tard, les survivants, terrés dans de gigantesques souterrains, sont devenus esclaves de deux d’entre eux, qui les font jouter contre des zombis pour passer le temps.
Bon, on ne va pas s’embêter longtemps à résumer plus avant le nouveau Joe Chien : en gros, c’est des zombies qui se foutent sur la gueule avec des humains.

Gros Z qui tâche, ZOMBIE FIGHT CLUB a bien retenu la leçon de Sushi Typhoon : plus c’est con, plus c’est bon. En mise en scène, c’est heureusement nettement mieux réalisé. Par contre, au niveau du scénario, c’est sans conteste le nawak d’or 2015. Les incohérences pullulent comme pustule sur zombies, avec des personnage soudainement affublés de tronçonneuses miraculeusement sortie de nulle part, ou des zombies apparaissant là où ils ne devraient pas se trouver.

Après une heure assez poilante survient une grosse rupture tonale. Un carton nous projette soudainement un an plus tard, et nous nous retrouvons dans autre film pour 45 minutes supplémentaires. Cette deuxième partie est certes celle qui exploite le titre, mais on aurait préféré deux films bien séparés plutôt que ce mélange très approximatif.

Joe Chien a bien compris qu’il n’est pas besoin de livrer un produit bien lissé, calibré et étudié dans les détails. Au contraire, il choisit l’option de faire n’importe quoi et de le revendiquer haut et fort. Les défauts sont ses qualités. Cette posture peut fonctionner. Elle triomphe d’ailleurs au 33e Brussel International film festival (BIFFF) où, présenté à la séance de minuit, le film a été accueilli avec ferveur par un public toujours prêt à réagir bruyamment et festivement aux incohérences les plus éhontées. Cependant, on ne se départit pas de l’idée que ZOMBIE FIGHT CLUB aurait gagné à élaguer un peu et à travailler légèrement plus son scénario.

Le film regorge de bastons et se montre très généreux sur les jolies filles court vêtues. Joe Chien connait bien son public et travaille dès lors son fan service. On a même droit au passage obligé des WIP de la grande époque : la scène de douche des esclaves … hélas un peu frileusement cadrée, allez Joe, t’as filmé les gorges arrachées, donnes nous plus de seins et de fesses maintenant !

Si vous aimez le cinéma-n’importe-quoi, les jolies filles et le démasticage de zombies, foncez. Si vous avez quelques exigences scénaristiques, Joe Chien ne sera par contre certainement pas votre maitre achat. It’s your call.

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2015


- Article rédigé par : Philippe Delvaux
- Ses films préférés : Marquis, C’est Arrivé Près De Chez Vous, Princesse Mononoke, Sacré Graal, Conan le Barbare