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Jennifer (Georgia Chris) et Mark (Joe Davison) sont deux journalistes travaillant pour le Midnight Sun, journal local qui s’est fait le rapporteur de ragots et d’histoires toutes plus inintéressantes les unes que les autres. Ainsi nos deux compères, quelque peu lassés par ce type d’affaires, sont aujourd’hui à la recherche d’un nouveau sujet susceptible de leur faire accéder à la une du journal et, pourquoi pas, de leur ouvrir les portes du grand journalisme. Leur choix d’investigation se porte sur les tueurs en série et, plus particulièrement, le mystérieux « Tueur à la larme » qui sévit depuis bon nombre d’années au nez et à la barbe des autorités qui piétinent. Nous les suivons donc dans leur enquête qui les mènera jusqu’à une troupe de cirque et les fera découvrir les motivations du serial-killer.
Sans trop en dévoiler sur le scénario (écrit par l’acteur Joe Davison lui-même) qui lorgne du côté du thriller ni sur son évolution, on ne peut que souligner le réel manque d’originalité de l’ensemble : en effet, si Marcus Koch, qui réalise ici son deuxième long métrage après ROT, s’en tient à ce postulat, on peut redouter d’assister ici à un épisode allongé de SCOOBY DOO. Mais, soyons francs, on n’est pas là pour assister à une révolution en matière de thriller, on est bel et bien là pour voir à l’œuvre le clown de l’affiche (oui, c’est bien lui le tueur, quelqu’un en doutait ?) et pour avoir notre compte de gore, du bon, du gros, du « qui tâche ».
Et, disons le clairement, Marcus Koch sait y faire à ce niveau là (notons au passage qu’il est à la tête de la firme Oddtopsy qui a réalisé les effets spéciaux et les maquillages de quelques réalisations dont, pour ne citer que celle-ci, NIKOS THE IMPALER d’un certain Andreas Schnaas). 100 TEARS contient donc son lot de carnages et tout est mis en œuvre pour satisfaire l’amateur de viande saignante : éviscérations, démembrements, décapitations, arrachage d’œil (avec les dents, s’il vous plaît !), étranglement d’une victime avec son propre intestin, etc… En même temps, vue la taille du hachoir que le clown tient sur la jaquette, on en n’attendait pas moins !!! A ce niveau là, on ne s’ennuie donc pas et on peut même dire qu’on s’amuse beaucoup !!
Marcus Koch a d’ailleurs ajouté une bonne dose d’humour à son film, humour en grande partie basé sur les relations entre les deux journalistes (on peut noter à ce propos qu’au fil de leur enquête, les rapports qui lient nos deux personnages ne sont pas sans rappeler ceux des agents Mulder et Scully dans X-FILES. Les observateurs apercevront d’ailleurs sur le mur de l’appartement de Mark le poster « I want to believe » qui décorait le bureau de Mulder et on relèvera aussi le grand nombre de références au FBI). Les situations et discussions fonctionnent assez bien et feront sans problèmes rire les fans de nos Nuls nationaux même si elles viennent parfois alourdir le métrage, lui donnant un rythme quelque peu inégal.
Rien de réellement dommageable en soi mais là où cela devient véritablement gênant, c’est quand cet humour vient désamorcer des situations potentiellement angoissantes comme, par exemple, le moment où Mark pénètre dans la maison de désintoxication où le clown a perpétré un nouveau massacre seulement quelques heures auparavant : l’endroit est encore maculé de sang, Mark va de découvertes macabres en découvertes macabres, est assailli par des odeurs nauséabondes et on imagine aisément le malaise qu’on peut ressentir dans un tel endroit à un tel moment… donc de le voir d’un seul coup cabotiner avec sa comparse comme si ils visitaient le petit musée de l’horreur d’une fête foraine brise « le charme » d’une telle scène.
C’est d’autant plus regrettable que Marcus Koch sait instaurer à l’occasion une véritable tension, notamment par une utilisation intelligente d’effets et de filtres sur l’image mais aussi, et surtout, par des choix musicaux toujours judicieux. Ainsi, sans pour autant révolutionner le genre, loin de là, le générique d’ouverture nous plonge dans une ambiance très efficace, glauque et pesante à souhait. La plupart des meurtres sont quant à eux perpétrés sur fond de musique electro agressive et dérangeante tout à fait appropriée. Koch se permet même une parenthèse dans un registre plus étrange avec le numéro des jumelles sur la chanson When you’re evil de Voltaire (il souligne d’ailleurs la qualité de cette chanson dans un clin d’œil lors du générique final !). On sent qu’un soin particulier a été apporté à la sélection des musiques ainsi qu’à leur fonction dans le métrage et Marcus Koch aurait certainement pu amener son film vers des horizons plus violents et dérangeants si il avait laissé de côté quelques traits d’humour pas forcément indispensables. Pour autant on ne peut pas parler de mauvais choix tant il semble évident que ce métrage est le fruit d’un sincère passionné qui a réalisé là un film comme il les aime.
Les acteurs eux aussi sont impliqués et semblent prendre un réel plaisir à être de ce projet et, même si la galerie de personnages est assez convenue pour le genre (le couple de héros, les flics ripoux incompétents, le nain qui travaille dans le cirque, le redneck gérant de bar miteux, etc…), l’ensemble fonctionne parfaitement. Mention particulière à Joe Davison qui, en plus de porter la triple casquette de producteur/scénariste/acteur, livre la meilleure performance du casting. En effet, en plus de rendre son personnage crédible, il arrive, chose assez rare dans ce type de productions pour qu’elle soit soulignée, à lui donner une véritable épaisseur : on voit donc parfaitement à travers son jeu que Marc refoule ses sentiments pour sa partenaire et qu’il est quelqu’un de bien plus sensible que son apparence et son attitude ne le laissent supposer.
Globalement, 100 TEARS est donc une jolie réussite et le plaisir que prennent Marcus Koch et ses acolytes étant plutôt communicatif, on oublie aisément les quelques maladresses du métrage.
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Article rédigé par Rodolphe Dumas
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