Au sommaire de Sueurs Froides 37 :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Erotica

Un texte signé Philippe Chouvel

Nationalité
Angleterre
Année de production

1981
Réalisation

Brian Smedley-Aston
Interprètes

Brigitte Lahaie, Diana Cochran, Paul Raymond, Faith Daykin, Vicki Scott

Promue journaliste par l’éditeur René Château, Brigitte Lahaie se rend à Londres afin de se faire une opinion sur la valeur des spectacles se déroulant au « Raymond’s Bar ». L’endroit est réputé pour la qualité de ses numéros de striptease, à l’instar du Crazy Horse Saloon. Si cette réputation n’est pas usurpée, un film sera tourné.
Après une arrivée remarquée en Concorde, Brigitte Lahaie est accueillie par Harold, bras droit de Paul Raymond, qui la conduit jusqu’à une limousine. Durant le voyage, le duo va faire plus ample connaissance, et prouver que la vieille rivalité entre Français et Anglais est de l’histoire ancienne. Le temps de se rhabiller, et l’actrice la plus célèbre du cinéma érotique hexagonal est amenée dans ce lieu prestigieux situé au cœur de Soho. Lors des répétitions, Brigitte est présentée à une partie de l’équipe, dont la jolie Diana, qui sera son assistante photographe et un guide dévoué durant toute la durée de son séjour. Paul Raymond est également là, et après les présentations d’usage, l’homme d’affaires britannique accorde une interview à notre star nationale, qui prend ses nouvelles fonctions très au sérieux. Ce qui ne l’empêche pas de repérer tous les beaux mâles et les superbes danseuses faisant partie de la revue.
Réputés prudes et conservateurs, les Britanniques sont en fait des esthètes en matière d’érotisme, à un point tel que Miss Lahaie ne va pas tarder à réviser son jugement sur nos voisins d’Outre Manche.
Ainsi, entre deux shows, Brigitte va cumuler les expériences amoureuses, alternant partenaires masculins et féminins, une complicité affective se créant notamment avec Diana. Au menu des réjouissances, Brigitte Lahaie va assister à quelques ébats dans un sauna, puis rendre visite à un châtelain et vérifier que le fantasme de l’écuyer « bien monté » n’est pas une légende. Après cette incartade dans un univers proche de Lady Chatterley, toute la troupe du « Raymond’s Bar » va se retrouver au « Starkers », la boîte à la mode, où la grande particularité est que tout le monde y danse… complètement nu ! L’occasion pour l’actrice de brancher le DJ, et d’entamer avec lui une danse lascive au milieu des fumigènes, habile subterfuge destiné à procurer un peu d’intimité au duo.
N’hésitant pas à pousser très loin son travail d’investigation, Brigitte Lahaie ne va pas être au bout de ses peines, mais elle saura transformer son voyage d’affaires en séjour d’agrément, grâce à son charme, son tempérament, et son expérience.
Ainsi résumé, EROTICA peut susciter auprès du lecteur une interrogation ? S’agit-il bien d’un film ?
Eh bien, oui et non ! EROTICA tient à la fois du film, du reportage, et du documentaire. Le sujet central est donc le « Raymond’s Revuebar », petit théâtre dans le quartier de Soho, et qui ouvra ses portes en 1958. Spécialisé dans le striptease et la danse nue, ce lieu disposait d’une enseigne lumineuse indiquant fièrement : « World Centre of Erotic Entertainment ». L’établissement ferma ses portes en 2004, et fut remplacé par un bar gay.
Pour les besoins du film, la production n’a pas lésiné sur les moyens, en faisant appel aux revues de charme « Men Only », « Club » et « Escort » lors du recrutement du casting. Un peu de publicité ne faisant pas de mal, une scène d’EROTICA se passe d’ailleurs dans les locaux de « Men Only », où le personnel félicite Miss Lahaie pour ses talents de … photographe !
D’une manière générale, EROTICA est structuré en deux parties qui se chevauchent en permanence : les numéros de cabaret, et les aventures de Brigitte Lahaie dans Londres. Il existe en général un lien entre les numéros de striptease proposés et les aventures sentimentales de l’actrice. D’ailleurs, les nombreuses scènes d’amour sont elles aussi filmées comme un ballet. Il est à noter que les scènes de sexe sont simulées (en 1981, Brigitte Lahaie venait tout juste d’arrêter le hard). Toutefois, la nudité dans le film est exposée sans retenue, n’hésitant pas de fréquents gros plans sur les sexes féminins autant que masculins (dont une érection dans la scène du sauna, un cas presque unique dans les annales du cinéma britannique). Les numéros de striptease et les saynètes mettant en lice notre héroïne sont dans l’ensemble excitants, et agréables à regarder, grâce au professionnalisme de l’équipe de tournage. En effet, la lumière, la photographie et le cadrage sont particulièrement soignés, et la musique, sans être originale (on alterne entre le disco et le rock FM, voire progressiste, tendance Journey ou Yes) entre en parfaite adéquation avec chacun des « tableaux ».
Certains passages s’avèrent bien kitsch, comme la boîte de nuit où tout le monde danse à poil ; mais le paroxysme est atteint lorsque Brigitte s’envoie en l’air avec un boucher dans une chambre froide, entre deux quartiers de viandes. Félicitations au boucher en question, qui ne montre aucune difficulté à culbuter l’actrice sous une température inférieure à 0 !
Mais on pardonnera bien volontiers ces quelques fautes de goût, dans la mesure où EROTICA est un plaisir des sens, dans lequel spectacle et érotisme font particulièrement bon ménage.


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Article rédigé par Philippe Chouvel

Ses films préférés - Femina Ridens, Les Démons, Danger Diabolik, L’Abominable Docteur Phibes, La Dame Rouge Tua 7 Fois


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