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Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Karanlik Sular

Un texte signé Éric Peretti

Nationalité
Turquie
Année de production

1993
Réalisation

Kutlug Ataman
Titres alternatifs

Serpent's Tale
Interprètes

Gönen Bozbey, Metin Uygun, Daniel Chace, Semiha Berksoy, Eric Pio

Pour la plupart des cinéphiles, le cinéma turc s’est résumé durant des années au seul nom de Yilmaz Güney. Alors qu’aujourd’hui le réalisateur Nuri Bilge Ceylan tend à reprendre ce rôle emblématique de représentant du pays aux yeux des grands festivals de films, l’accessibilité à un catalogue international permise par le support dvd confirme que nos deux ambassadeurs sont en réalité les arbres cachant une forêt cinématographique variée.
Kutlug Ataman, surtout connu chez nous pour LOLA ET BILIDIKID (1999), signe avec KARANLIK SULAR un premier long métrage au sujet ambitieux : la recherche d’un manuscrit divin dont les mots renferment un poison mortel, mais également le secret de l’éternité…
Pour narrer cette quête, le scénario va prendre une forme labyrinthique et l’adjonction de diverses intrigues transversales, en se greffant à la base du récit, vont ainsi en ouvrir les frontières, amenant toujours d’autres interrogations. Il est vrai que les personnages qui parcourent le film en quête du mystérieux manuscrit sont tous plus étranges les uns que les autres. On croise ainsi au détour de l’histoire un tueur à gages américain travaillant pour une multinationale et un jeune homme qui lui demande de se mettre en contact avec sa mère en lui remettant une vieille boussole avec d’étranges inscriptions. A la suite de leur première rencontre, Lamia, commence alors à douter sérieusement de la mort de son fils qui s’était noyé quelques années plus tôt. Pour compliquer le tout voici qu’interviennent également une princesse byzantine vampire âgée plus de 800 ans mais qui a l’apparence d’une petite fille et les membres d’une secte persuadés de pouvoir fonder la dernière religion sur terre en déchiffrant les écrits divins…
C’est donc au sein de cet amas de personnages que le spectateur, hypnotisé par une mise en scène veloutée aux images joliment baroques que n’aurait pas renié Mario Bava, va se perdre, se noyer. KARANLIK SULAR, que l’on peut traduire par eaux obscures, porte admirablement son titre tant il nous plonge dans un maelström d’intrigues. Finalement impossible à résumer littéralement, le film propose sans cesse de nouvelles hypothèses intéressantes mais n’y apporte jamais de conclusions définitives. Le traitement trop éthéré du récit finit alors par laisser une impression d’inachevée, à limite du foutage de gueule.
Lorsque le générique final débute, l’impression d’être passé à côté d’une grande œuvre se fait fortement sentir. Pour ceux qui n’ont pas décroché, le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de beau, bien qu’un peu vain, paraît une bien triste consolation. Tout juste peut-on se consoler en pensant au jeu de mot (involontaire ?), du titre international, Serpent’s Tale qui devient alors Serpent’s Tail…
KARANLIK SULAR, avec son intrigue teintée d’un fantastique feutré, n’est pas le film idéal pour découvrir le cinéma de genre turc. Il est plutôt à réserver à ceux qui veulent voir une œuvre atypique, certes pas entièrement réussie mais loin d’être ratée.


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Article rédigé par Éric Peretti

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