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La Turquie, comme nous pouvons nous en rendre compte lors des premières scènes, est infestée par des hordes d’espions. Et il n’y a qu’une seule personne qui puisse les stopper : le Spy Smasher ; ou Fracasseur d’Espions dans la langue de Voltaire. Avec ses side-kicks, la belle Sevda et l’agaçant Bidik (moins on en parle…) Spy Smasher parvient à s’emparer d’un enregistrement qui révèle le nom de tous les espions. Il le délivre au détective Cavit, le père de Sevda. Le Mask, chef de l’organisation des espions, ordonne alors à son sous-lieutenant Black Glove d’éliminer Spy Smasher.
Yilmaz Atadeniz est l’homme qui nous a donné Kilink et c’est lui aussi qui se cache derrière YILMAYAN SEYTAN. Ceux qui ont vu ce dernier sauront à peu près à quoi s’attendre avec SPY SMASHER. Bien que les différents protagonistes portent d’autres masques, le combat éternel entre le bien et le mal reste le même. Ce combat, dans les films de super-héros turcs, s’exprime par des courses-poursuites et des bagarres, et ceci est encore plus présent dans SPY SMASHER que dans certains autres représentants du genre. En effet, l’enregistrement avec la fameuse liste de noms restera un pur McGuffin et ne sert que de pâle prétexte à des enchaînements frénétiques de scènes d’action.
SPY SMASHER est basé sur un héros de comic-book américain né en 1940 et sur le serial américain du même nom. Si le Spy Smasher version US contrait également des Nazis, la traduction vers l’écran turc a vu quelques modifications et le groupe de malfrats dirigé par le Mask n’a plus grand-chose en commun avec une organisation d’espionnage. En effet, contrairement à nos espions occidentaux, ils manquent cruellement de discrétion et passent leur temps à tabasser des gens, à voler des trucs et à exploser des bâtiments. Finalement, le Mask, avec son organisation, a plus de points communs avec Dr Mabuse ou à la rigueur, avec Blofeld (ce qui nous donnerait une connexion aux espions et validera Spy Smasher comme un mix turc entre James Bond et Batman). Au final, il importe peu à qui Spy Smasher casse la figure… du moment qu’il en casse.
Et, si on excuse les limites de budget (et les spectateurs familiers du cinéma de genre turc sauront excuser), SPY SMASHER délivre toutes ses promesses. Yilmaz Atadeniz filme les scènes d’action avec goût et tous les participants s’y adonnent avec un enthousiasme évident. Pendant les scènes d’action, le rythme ne se perd jamais et les faux-raccords se fleurissent surtout dans les scènes de dialogues. Il paraît alors évident que le réalisateur n’y mettait ni le cœur ni l’accent, dans ces scènes de palabres.
Bien sûr, le point faible reste le casting. Même sans son masque, Spy Smasher ne reste que l’homme qui incarne Spy Smasher et se trouve privé de la moindre profondeur. Seule Sevda a droit à une vie privée et elle en ressort plus complexe que les autres personnages. Il faut dire qu’avec 67 minutes (durée assez limitée, partiellement due à une copie relativement endommagée et amputée de plusieurs minutes), le film ne peut pas se permettre d’extras et l’important reste de chasser le spectateur d’une bagarre à l’autre.
Ainsi, il faut également accepter les hasards et les incohérences de l’intrigue. Sevda passe d’un alias à l’autre en chaussant simplement des lunettes et du cuir sans qu’elle ne soit reconnue (mais tant que ça marche pour Superman…) et l’enregistrement compromettant avec les noms disparaît complètement de la scène.
Néanmoins, une intrigue plus noire que d’habitude (le traitement des femmes pendant une scène en illustre l’intention) fait de SPY SMASHER une solide entrée dans le genre des justiciers masqués. Et pour les fans, une fin très abrupte mais certes plus pessimiste, devrait les obliger à au moins une vision.
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Article rédigé par Tom Flener
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