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Les choses vont mal à Baijiang : d’étranges créatures hantent les rues la nuit venue et exécutent sans pitié les malheureux qui n’ont pas acheté d’amulettes protectrices au temple taoïste du coin. La jeune Cui Lin débarque au même moment. Elle cherche un maître en arts martiaux qui soit digne car, sûre de son talent, elle a une très haute opinion d’elle-même. Elle est d’ailleurs là parce qu’on raconte que la Chasseresse traîne dans le coin incognito. Cette combattante émérite a disparu après s’être fait casser l’amour-propre par Diamant Noir. Et elle finit bien embêtée quand elle réalise que la première touriste venue peut la retrouver. Débute une partie de cache-cache ironique et initiatique entre la jeune qui en veut et la vieille rombière désabusée. Au contact de ce sang frais venu de loin rien que pour elle, la combattante revenue de tout va reprendre goût à la vie (et accessoirement à la baston). Film testament de Chang Pei-pei, LES GRIFFES DE JADE lui donnent l’occasion de briller une dernière fois sur les champs de bataille avant de passer le flambeau à Shih Szu, plus jeune et malléable par des studios et des réalisateurs désireux de cantonner les femmes dans des rôles secondaires. C’est Ho Meng-hua, artisan rigolard et sincère, qui s’y colle pour faire de ce chant du cygne un truc potable. Loin de la grandiloquence de Chang Cheh, il privilégie un ton léger sans altérer pour autant la violence des sentiments et des engagements pris par les personnages. L’influence du western est palpable (diligence, musique). L’intrigue laisse la place aux habituels questionnements des artistes martiaux comme la transmission du savoir. Et on a droit à un triangle amoureux typiquement mièvre comme les Chinois savent si bien les imaginer. La scène du don du cheval avec tout ce qu’elle sous-entend de graveleux est un régal dans le style. Les aptitudes physiques des combattants sont évidemment mises en valeur et les occasions de tabassage en règle ne manquent pas. Ainsi, le sadisme de la mise à mort d’une innocente famille donne lieu à une des plus belles scènes de Chang Pei-pei avec une réplique sublime de cruauté et de haine qui fera frémir de plaisir les amateurs de dominatrice. Même s’il faut reconnaître que le film est en deçà des canons mis en place par Chang Cheh, le spectacle se laisse regarder jusqu’à un final très jeu-vidéo-manga improbable typique bonnard.
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Article rédigé par Mehdi Benseghir
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