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Tamara

Un texte signé Jérémie Vey


Année de production

2005
Réalisation

Jeremy Haft
Interprètes

Jenna Dewan, Matthew Marsden, Chad Faust, Claudette Mink, Katie Stuart

Jeffrey Reddick, le créateur et scénariste de la série des Destination Finale s’attaque avec Tamara à une histoire classique : une jeune fille, humiliée par ses camarades, est victime d’une de leurs plaisanteries qui tourne mal, et revient d’entre les morts pour se venger. Une histoire qui a engendré plusieurs chefs-d’oeuvre (Carrie au bal du diable, de Brian De Palma) mais aussi de sombres navets (Aenigma, de Lucio Fulci). C’est donc sur une route risquée que s’aventure le scénariste, mais l’originalité de ses précédents scripts laissait présager un résultat correct. Pourtant, TAMARA se rapproche beaucoup plus du navet que du chef-d’oeuvre. En effet, l’originalité de Destination Finale est ici complètement absente.
Tamara est donc une étudiante bien malheureuse à cause de ses camarades qui la détestent et de son professeur dont elle est éperdument amoureuse mais qui rejette ses avances. L’empathie que ce personnage est censé créer est complètement anéantie par l’abondance de clichés dont le film nous assène : les étudiants débiles plus méchants les uns que les autres, le professeur d’anglais qui est l’homme le plus intègre du monde, ou encore le père de l’héroïne qui est un alcoolique notoire sont autant de stéréotypes qui empêchent complètement l’immersion du spectateur dans cette histoire plus banale que jamais. On y retrouve de plus tous les ingrédients obligatoires dans un “teenage-movie” comme celui-ci : les scènes de dispute et d’humiliation dans les vestiaires, les soirées trop arrosées et les jeunes acteurs aux visages d’anges et aux physiques d’athlètes.
Aucun des poncifs du genre n’est donc évité, et on a vraiment l’impression d’assister à un banal feuilleton du dimanche après-midi. Une lueur d’espoir persiste cependant, lorsque Tamara revient en cours le lendemain de son assassinat, plus séduisante et allumeuse que jamais. Elle semble alors prête aux pires infamies pour faire endurer à ses camarades toutes les souffrances dont elle a été victime. Mais l’espoir s’envole vite, tant la jolie Tamara fait preuve de mauvaise volonté pour ce qui est de commettre des meurtres originaux. Jamais elle n’atteint l’audace qui caractérisait les précédents scénarii de Jeffrey Reddick, alors que ce seul élément aurait suffi à sauver le film.
C’est donc le scénario qui fait principalement défaut dans Tamara, puisqu’il s’enlise dans la caricature et la banalité, provoquant chez le spectateur un ennui des plus profonds. D’autant que la fin nous réserve une succession de scènes pleines de bons sentiments qui en rajoute encore dans le ridicule, histoire d’achever complètement le spectateur. Les acteurs sont, quant à eux, assez convaincants, même s’ils ne peuvent éviter les aspects caricaturaux inhérents à leur personnage. La mise en scène est plutôt soignée, et parvient même à surprendre au détour de quelques plans qui rehaussent un peu l’intérêt du film, sans pour autant éviter le désastre.


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Article rédigé par Jérémie Vey

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