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Frissons d’Horreur

Un texte signé Patryck Ficini

Nationalité
Italie
Année de production

1975
Réalisation

Armando Crispino
Titres alternatifs

Macchie Solari
Interprètes

Mimsy Farmer, Barry Primus, Ray Lovelock, Massimo Serato

Un suicide qui pourrait bien être un meurtre maquillé… Pour mener l’enquête, un prêtre, frère de la victime, et une jeune employée de l’institut médico-légal, qui s’y trouve bientôt tout autant impliquée…
Armando Crispino signe ici un curieux film, qui ne doit pour ainsi dire rien aux gialli de Dario Argento. Ce qui est la caractéristique et la force de ce thriller, c’est avant tout son atmosphère malsaine. Le réalisateur nous met tout de suite dans le bain avec un début prodigieux qui nous montre plusieurs suicides atroces. Le spectateur est ici placé en position de voyeur, devant des scènes ultra réalistes, et l’émotion est intense. Bien davantage que si on assistait à des scènes de meurtre, auxquelles on est finalement plus habitué. Cette première séquence est incontestablement la meilleure du film.
Une scène à la morgue, lieu de travail de notre héroïne (Mimsy Farmer, déjà vedette de QUATRE MOUCHES DE VELOURS GRIS), laisse aussi une impression de malaise, puisqu’elle y est victime d’hallucinations terrifiantes. Les cadavres reviennent à la vie comme dans un film de zombies ! C’est vraiment réussi et en aucune façon ridicule, alors qu’il aurait été facile de l’être. Les problèmes psychologiques du personnage de Mimsy Farmer sont troublants et suscitent l’intérêt même s’ils ne sont pas intégrés à l’intrigue et font un peu gratuit. Comme s’ils étaient là juste pour en rajouter une dose…
Les cadavres dans FRISSONS D’HORREUR sont souvent amochés, vraiment réalistes et difficiles à regarder. Armando Crispino, qui semble nous entraîner dans le sordide avec un malin plaisir, nous montre même plusieurs photos profondément répugnantes (vraies ou truquées, ça, mystère !) lorsqu’il nous fait visiter un musée des horreurs. Pour être gratuite, la scène n’en est pas moins forte et ne fait qu’accentuer la sensation de ma-laise qui ne nous quitte guère durant la vision du film. Ajoutez à cela une saisissante bande son, composée principalement de soupirs et de gémissements inquiétants au possible (quand nous n’avons pas affaire à la très douce musique d’Ennio Morricone…), et le tableau sera complet !
Les rares meurtres sont différents de ceux de Dario Argento, puisqu’ils sont ici maquillés en suicides. Pas de gants de cuir noir et de lame brillant dans les ténèbres, mais davantage de subtilité. Seul point commun avec d’autres gialli, tant l’ambiance de FRISSONS D’HORREUR est unique, l’enquête policière menée par des amateurs. Une enquête assez peu passionnante hélas ! Quant à son aboutissement, il faut bien reconnaître qu’il déçoit : encore une simple affaire d’argent. Ce n’est pas gênant en soi, il y eut de brillantes réussites en ce domaine, mais il faut reconnaître que le climat du film est si fascinant que cela semble bien faible en comparaison. L’idée forte de l’influence du soleil (à travers les tâches solaires du titre italien) sur les suicides n’est qu’esquissée, et ce ne sont pas les nombreux plans du soleil qui y changent quoi que ce soit. Par contre, le méchant est intéressant et très bien joué par un excellent acteur dont on ne peut vous révéler le nom ici…
Tout le final, malgré cette déception, est cependant soigné et bien développé.
Au bout du compte, l’impression est mitigée. FRISSONS D’HORREUR est un film mieux réalisé que scénarisé, fascinant et original par certains aspects, mais qui n’arrive pas à impliquer réellement le spectateur dans une enquête au fond peu excitante.


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Article rédigé par Patryck Ficini

Ses films préférés - Django, Keoma, Goldfinger, Frayeurs, L’Au-delà - Ses auteurs préférés - Robert E. Howard, Alda Teodorani, Robert Bloch, Kââ/Corsélien, Frédéric Fajardie... Passionné de littérature populaire, de fumetti et de cinéma de genre, notamment italien...


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