Au sommaire de Sueurs Froides 37 :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

Faites-vous plaisir et soutenez le site en commandant - Cliquez sur la bannière :

Si c'est déjà fait, continuez votre lecture avec...

American Haunting

Un texte signé Franck Boulègue

Nationalité
USA
Année de production

2006
Réalisation

Courtney Solomon
Interprètes

Donald Sutherland, Sissy Spacek, James D’Arcy, Rachel Hurd-Wood

Entre 1817 et 1821, une entité surnaturelle s’est appliquée à tourmenter une famille de pionniers du Tennessee. Les événements auraient été constatés de visu par le Président du moment, Andrew Jackson. Il aurait déclaré, après avoir passé une nuit dans la demeure hantée : « je préfèrerais combattre l’armée britannique au grand complet plutôt que d’avoir affaire à la Sorcière de la famille Bell »…
Ces dernières années, plusieurs films se sont penchés sur cette légende populaire : THE BELL WITCH HAUNTING (Ric White – 2004) tout d’abord, puis BELL WITCH : THE MOVIE (Shane Marr) l’année suivante. On peut ajouter à cette liste le célèbre BLAIR WITCH PROJECT (Daniel Myrick & Eduardo Sanchez – 1999), inspiré de la légende de cette sorcière. Le film de Courtney Solomon, le réalisateur de DONJONS & DRAGONS (2000), fait pour sa part beaucoup penser à L’EXORCISTE (William Friedkin – 1973) ainsi qu’à TWIN PEAKS : FIRE WALK WITH ME de David Lynch (1992) – pour des raisons que nous ne dévoilerons pas ici, afin de ne pas déflorer la teneur de l’intrigue.
Après une courte séquence d’introduction nous présentant une jeune adolescente dont les parents sont fraîchement divorcés, aux prises avec une entité la poursuivant jusque dans sa chambre (au-dessus de son lit, on remarque un poster de MONSTER de Patty Jenkins, le film avec Charlize Theron…), AN AMERICAN HAUNTING nous entraîne jusqu’à l’aube du XIXème siècle, dans le Sud des Etats-Unis, à Red River. Suite au jugement rendu lors d’un procès à l’église du village, qu’il a grandement contribué à ériger, John Bell (Donald Sutherland) se voit priver de son honneur de gentilhomme pour avoir prêté de l’argent à un taux usurier à Kathy Baths (Gaye Brown), une voisine qui selon la rumeur serait aussi une sorcière. Commence alors une série d’événements déconcertants, dont l’intensité va crescendo : un daim se transforme en loup, au détour d’une partie de chasse, et attaque son poursuivant ; des apparitions inquiétantes errent aux abords de la demeure des Bell ; des bruits étranges proviennent de leur grenier… Et bientôt, Betsy Bell (Rachel Hurd-Wood), la fille de John et Lucy (Sissy Spacek), devient la proie d’un démon qui s’en prend à elle durant la nuit. Les couvertures glissent comme par enchantement au pied de son lit, ses cheveux sont tirés sauvagement, elle est soulevée dans les airs et battue par un monstre invisible qui lui répète régulièrement : « souviens-toi ! ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune Betsy attise les convoitises : Joshua, un adolescent qui fréquente la même école qu’elle, la courtise ouvertement ; Richard Powell (James D’Arcy), son professeur, en fait de même, quoi que de façon moins ostensible ; quant à ce mystérieux démon qui la tourmente, le fait qu’il la retrouve ainsi sur son lit n’est peut-être pas totalement innocent… La jeune adolescente, sur le point de devenir une femme, fait décidément tourner bien des têtes.
Quant à son père, John Bell, il s’interroge sur les raisons de la malédiction qui frappe sa famille. Comment lui, le bienfaiteur de cette petite communauté du Tennessee, moralement irréprochable – oh, certes, « même les saints commettent des péchés de temps à autre » – a-t-il pu être puni de la sorte ?
Filmé comme un conte gothique, en teintes délavées, dans un environnement naturel rendant parfaitement le caractère farouche de la « frontière » des Etats-Unis d’alors, AN AMERICAN HAUNTING traite de ce « poltergeist » (entités dont les liens avec les filles atteignant l’âge de la puberté sont bien connus) avec sérieux, sans trop en faire au niveau des effets spéciaux. Les séquences où la caméra adopte le point de vue de l’esprit nous font flotter autour des personnages démunis, incapables de le situer dans l’espace qui les entoure, un peu à la façon des martiens dans GHOSTS OF MARS. Flirtant volontiers avec la psychanalyse (le thème du refoulement est omniprésent) et la figure mythologique de l’Incube (ces démons mâles venant abuser des femmes durant leur sommeil), le résultat s’avère fort convainquant.
Et si la science moderne expliquerait sans aucun doute aisément « la plus grande histoire de fantômes de l’Amérique » à l’aide des concepts de « terreur nocturne » et de « paralysie du sommeil », signalons toutefois aux amateurs de frissons que les lieux où se sont déroulés ces événements troublants sont sensés être toujours hantés de nos jours…


Cher lecteur, nous avons besoin de votre retour. Au choix :
=> Pour rester en contact, abonnez-vous à la newsletter.
=> Pour soutenir financièrement notre éditeur Sin'Art, faites un don de 5 ou 10 euros.
=> Vous pouvez aquérir aussi pour 8,80 € le n°37 de Sueurs Froides au format papier

Vous appréciez notre travail, c’est important pour nous motiver à continuer. Merci !


Article rédigé par Franck Boulègue

Ses films préférés -


Jetez un oeil à ce que font nos partenaires :