|
|
Nationalité |
Très peu visible depuis sa sortie au début des années cinquante en Italie et dans le reste de l’Europe (et en 1965 aux Etats-Unis), le film de Paolo William Tamburella est plus ou moins tombé dans les oubliettes du septième art, tout comme son réalisateur. Né aux Etats-Unis, Tamburella, mort prématurément à l’âge de quarante ans ne tournera que trois films, dont le dernier s’avèrera être BLANCHE NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES SEPT NAINS.
Vivant avec le Prince Charmant, Blanche-Neige coule des jours heureux dans son château. Ses amis les sept nains (joués par « sept nains authentiques » comme le précise le générique) vivent toujours dans leurs maisons dans les bois et rendent régulièrement visite au couple. Alors que leur mariage approche, le Prince Charmant doit quitter sa promise pour aller au combat. Quelques jours plus tard, Blanche Neige apprend que son futur époux a besoin de son aide. N’écoutant que son cœur, elle se porte à son secours mais se fait alors kidnapper par le diabolique Prince Noir. Heureusement pour elle, les sept nains voient les malheurs de Blanche Neige en rêve et décident de lui porter secours.
Porté par l’italo-libyenne Rossana Podesta (vue plus tard dans LA VIERGE DE NUREMBERG de Margheriti et bien plus tard encore en Hera de l’inénarrable HERCULE de Luigi Cozzi) et le grand Georges Marchal, BLANCHE NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES SEPT NAIN est une curiosité.
Le titre original de cette suite au fameux compte, LES SEPTS NAINS A LA RESCOUSSE, s’avère plus juste quant au contenu du film, puisque de nombreuses séquences leurs sont consacrées. Sorte d’Ewoks avant l’heure, ils sont les sidekicks par qui l’humour arrive, mais aussi l’aventure puisque ce sont eux qui traverseront de multiples épreuves pour tenter de sauver et de réunir leur couple d’amis. Quelque soixante ans plus tard, l’image donnée des personnes de petite taille est assez détestable : sorte d’enfants inadaptés, ceux-ci sont traités d’une manière légère et débilitante, malgré leurs actions héroïques. Certes, chez les frères Grimm, les sept nains étaient infantilisés, mais au moins avaient-ils une réelle profondeur, totalement absente ici. Film de cape et d’épée, conte de fée, film fantastique, BLANCHE NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES SEPT NAINS est tout ça à la fois, et pas grand-chose non plus. Devenu culte au fil des années, sa relative bonne réputation provient surtout du fait que très peu de spectateurs aient pu le visionner. Si le film jouit d’une très belle photographie monochrome, le parfum de série B à tendance Z qui s’en dégage prête à sourire : beaucoup d’intérieurs (les extérieurs sont quasiment tous tournés en studio), les décors paraissent trop redondants et bien trop pauvres par rapport à l’opulence supposée du couple. Ainsi, l’aspect cheap du château de Blanche-Neige et de son Prince a de quoi laisser rêveur. En revanche, cette sobriété imposée par le manque de moyen sied au repaire du Prince Noir qui apparait d’autant plus menaçant malgré le jeu un brin théâtral de Georges Marchal (le scénario du film est certes adapté d’une pièce, mais ce n’est pas une raison). Fauché et parfois horripilant par son traitement des sept nains, BLANCHE NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES SEPT NAINS se pose néanmoins en incontournable pour qui souhaite découvrir un film pour enfant tourné avec peu de moyens mais dont l’aspect merveilleux, aujourd’hui totalement kitsch, témoigne d’une époque révolue.
|
Cher lecteur, nous avons besoin de votre retour. Au choix : |
|
Vous appréciez notre travail, c’est important pour nous motiver à continuer. Merci ! |
Article rédigé par Nassim Ben Allal
Ses films préférés -










