Un texte signé André Quintaine

USA, Mexique - 2007 - Zev Berman
Interprètes : Brian Presley, Rider Strong, Jake Muxworthy, Beto Cuevas, Martha Higareda

review

Borderland

BORDERLAND promène une réputation de thriller violent, tirant facilement vers le gore. Rassurez-vous, BORDERLAND n’est pas BRAINDEAD. En revanche, le film de Zev Berman fait effectivement allègrement du pied à HOSTEL et consort.
Ici, ce ne sont pas les pays de l’Europe de l’Est qui sont montrés du doigt. Le scénario n’envoie pas non plus ses trois jeunes héros en pleine cambrousse brésilienne. Finalement, c’est à proximité des Etats-Unis que se développe le chaos. Au Mexique, juste après la frontière existe une zone de non-droit où les trafiquants de drogues font la loi. La police ferme les yeux pendant que la population se terre.
Superstitieux, les trafiquants n’hésitent pas, pour passer la drogue aux USA, à pratiquer des sacrifices…humains. Ces sacrifices sont particulièrement ignobles car, pour plaire aux dieux, il faut les flatter avec des cris de souffrances… Jusqu’alors, les trafiquants se contentaient de torturer de « banals » autochtones mais le dernier d’entre eux se montre borné et s’acharne à mourir en silence. Heureusement ( !), pour rattraper le coup, une bande d’américains vient tout juste de s’installer en ville, espérant profiter des beautés locales, de la drogue bon marché et de leurs puissants dollars.
BORDERLAND est un film sans concession. La plus grande partie du métrage se déroule de nuit, dans les quartiers pauvres d’une petite ville. On fait connaissance avec quelques spécimens locaux : une prostituée seule avec un enfant, la serveuse d’un bar à strip-tease, une commerçante vivant dans la crainte de voir sa boutique détruite par les malfaiteurs. Il ne fait pas bon vivre au Mexique et on peut franchement s’interroger sur ce que viennent y faire nos trois jeunes américains.
Ces trois gamins représentent « à merveille » la société occidentale. Le premier est une grande gueule qui se désintéresse totalement de la situation des pays en voie de développement. Cynique, il se contente de croire en la loi du marché. Tout le contraire du héros, qui compte bien s’investir dans l’humanitaire une fois sa scolarité terminée. Le troisième larron, Rider Strong, héros de CABIN FEVER, est le naïf. Il tombe amoureux d’une prostituée, sûrement par pitié, avant d’être kidnappé par les trafiquants pour être sacrifié.
Ces personnages apportent un fond au film et le différencient nettement d’une œuvre fun comme HOSTEL. BORDERLAND amène un petit peu de réflexion sans pour autant plomber l’ensemble dans les limbes d’analyses géopolitiques. Reste donc que le film s’avère plus crédible qu’un slasher de base.
En ce qui concerne la violence qui fait une partie de la renommée du film, elle se concentre principalement au tout début du métrage, lorsque les trafiquants s’attaquent avec sadisme à deux flics. L’un de ces derniers va faire les frais de son inexpérience. Oeils et dents arrachés sont au menu, mais hors champs. La scène demeure néanmoins très brutale et nous fait nous demander à quelle sauce nous allons être mangés.
Par la suite, le rythme décroît quelque peu. Quelques meurtres, toujours violents mais également hors cadres, relancent un peu l’action par leur aspect morbide, en particulier celui d’un des gamins, poignardés à plusieurs reprises après avoir été pourchassés par une dizaine de sales types. C’est une scène de meurtre à l’arme blanche franchement éprouvante.
Malgré tout, et même si l’ennui ne gagne jamais le spectateur, celui-ci a un peu l’impression de tourner en rond dans la petite ville mexicaine avant que le héros se décide enfin à faire leur fête aux méchants. BORDERLAND se termine alors en une sorte de film de vigilante épicé de RAMBO et s’avère implacable. Le héros n’aura aucune pitié pour des salauds qui l’auront bien mérité !




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Article rédigé par : André Quintaine

Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks

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