Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Delinquent Girl Boss: Blossoming Night Dreams

Un texte signé Tom Flener

Nationalité
Japon
Année de production

1970
Réalisation

Kazuhiko Yamaguchi
Interprètes

Reiko Oshida, Masumi Tachibana, Keiko Fuji

BLOSSOMING NIGHT DREAMS est le premier d’une série de quatre DELINQUENT GIRL BOSS. Produit par les gens de chez Toei, BLOSSOMING NIGHT DREAMS fait partie du genre des « sukeban », terme utilisé par la police japonaise pour nommer une « fille délinquante ». Ni aussi ouvertement sexuel que les meilleurs « roman porno », ni aussi violent que les films les plus excessifs de Teruo Ishii, ce sous-genre couvrait une niche pour tous ceux qui aimaient les filles jeunes, belles, dominatrices et si possible en uniforme. Affichant un degré évident de sexe et de violence, les « sukeban » nous offrent un contrepoids aux films de yakuza, genre fermement sous le contrôle des hommes.
Au début du film, on rencontre Rika (Reiko Oshida), enfermée dans une « reform school », une institution pour filles difficiles. On fait un petit saut d’une année et Rika se voit employée par un nettoyeur à sec. Quand elle ne se fait pas tripoter par le patron, la femme de ce dernier l’accuse de voler. Rika s’en va et se retrouve aussitôt dans une boîte de nuit n’employant que des filles sortant du même internat qu’elle-même. Malheureusement, une bande de yakuzas veut s’emparer du bâtiment, par tous les moyens…
BLOSSOMING NIGHT DREAMS est non seulement le premier film d’une série, mais également la première réalisation de Kazuhiko Yamaguchi. Et cela se voit. La mise en scène reste encore peu créative et s’est d’autant plus évident que le réalisateur opère dans un genre somme toute connu pour ses excès pop. Il suffit de penser aux FEMALE PRISONER SCORPION avec Maiko Kaji pour se rendre compte des sommets jusqu’auxquels le genre peut s’élever. Néanmoins, ne soyons pas injustes, le film de Kazuhiko Yamaguchi reste fort sympathique. En outre, on peut ici déjà entrevoir des talents qui se montrent plus à leur avantage dans WORTHLESS TO CONFESS, dernière entrée dans la même série, juste une année après.
Avec son lot de rebondissements, l’intrigue reste relativement captivante. De plus, c’est avec cœur que les acteurs s’adonnent au jeu, avec en tête la très mignonne Reiko Oshida. Même si elle n’espère jamais atteindre les sommets de la menace escaladés par une Meiko Kaji (un ouragan plus qu’une femme), sa personnalité rafraîchissante et parfois même joyeuse reflète bien le caractère plus enjoué de BLOSSOMING NIGHT DREAMS. Parfois, le film vire même dans la comédie, très souvent au dépens des hommes (bien comme il se doit pour un « sukeban »). Ainsi, on a le maquereau qui a peur de ses propres femmes et le chef des yakuzas, caricature moche et bête d’un homme.
Kazuhiko Yamaguchi, même s’il manque encore de flair, sait bien profiter d’un scénario qui peut virer de la comédie au drame dans une même scène. On ne s’ennuie jamais. Et même si son film ne constitue pas une production marquante du genre, il ne manque aucun des ingrédients essentiels : les bagarres entre filles sont assez bien filmées, avec quelques seins nus par-ci par-là, une musique bien rock-surf comme Tarantino aime les recycler et une palette de couleurs qui semble tout droit sortie d’un SUSPIRIA.
Malgré une scène finale qui manque un peu d’énergie et semble improvisée, BLOSSOMING NIGHT DREAMS devra ravir tout fan des jeunes délinquantes japonaises.


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Article rédigé par Tom Flener

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