Un texte signé Frédéric Pizzoferrato

USA - 1951 - Charles Lamont
Titres alternatifs : Abbott & Costello meet the Invisible Man
Interprètes : Bud Abbott, Lou Costello, Nancy Guild, Arthur Franz

retrospective

Deux nigauds et l’homme invisible

Le duo formé par Bud Abbott et Lou Costello a sévi avec succès aux Etats-Unis durant une quinzaine d’années. Dès 1940, ils apparaissent dans des rôles secondaires dans UNE NUIT SOUS LES TROPIQUES puis accèdent à la célébrité avec une suite ininterrompue de comédies burlesques dont le titre français débute invariablement par « deux nigauds », surnom officieux des compères en nos contrées. Reproduisant sans génie les pitreries plus inventives de Laurel & Hardy dont ils sont, en quelque sorte, les successeurs autoproclamés, leurs films fonctionnent sur une recette inchangée : un petit gros gaffeur que tente de raisonner un grand maigre. Bref, rien d’innovant pour un duo surtout connu pour avoir joué les fossoyeurs des grands mythes du fantastique à la fin des années ’40. La Universal ayant alors épuisé les aventures « sérieuses » de ses monstres vedettes (Dracula, Frankenstein, la momie, le loup-garou, l’homme-invisible,…) n’eut en effet d’autre solution que de les confrontés aux deux clowns dans une série de films à l’humour poussif.

L’intrigue, rudimentaire, de DEUX NIGAUDS ET L’HOMME INVISIBLE confronte un duo d’apprentis détectives (Abbott et Costello) à un homme invisible revanchard, Tommy Neslon, boxeur accusé d’un meurtre qu’il n’a, évidemment, pas commis. Costello devra se faire passer pour un adepte du noble art pour démasquer les coupables, heureusement aidé par l’homme invisible lors de ses combats sur le ring.

En dépit d’une longueur restreinte à 80 minutes, DEUX NIGAUDS ET L’HOMME INVISIBLE semble bien languissant en particuliers durant un long climax qui reprend, en l’étirant au-delà du supportable, le principe du tournoi de fléchette humoristique de LA VENGEANCE DE L’HOMME INVISIBLE. Cette fois, Costello reçoit l’aide d’un champion de boxe invisible qui lui permet de défaire un menaçant opposant. Si on salue la chorégraphie efficace de la scène, difficile de ne pas trouver le temps long lorsque Costello mime un énième coup de poing mollasson et que son adversaire s’écroule, terrassé par l’homme invisible. La plupart des gags tombent d’ailleurs à plat et seules quelques répliques et l’une ou l’autre idée fonctionnent, notamment cette scène burlesque, située dans un restaurant, qui fera sourire les plus indulgents.

De son côté, la mise en scène de Charles Lamont (qui dirigea la plupart des succès du duo) est souvent relâchée et trahit la précipitation de l’entreprise, tournée en un mois et avec un budget réduit. L’intrigue de vengeance, quoique classique, s’avère cependant correcte et aurait pu donner lieu à un long-métrage sérieux dans la veine des précédents opus de la saga. La Universal a préféré miser sur l’humour pachydermique et seuls les effets spéciaux, toujours inventifs et efficaces en dépit du poids des années, permettent aujourd’hui de visionner cette comédie balourde sans trop d’ennui. A réserver aux curieux ou aux admirateurs, s’il en reste, de nos nigauds.




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Article rédigé par : Frédéric Pizzoferrato

Ses films préférés : Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


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