Un texte signé André Cote

Japon - 2002 - Atshushi Muroga
Titres alternatifs : Gun Crazy 2 – Beyond the Law
Interprètes : Rei Kikukawa, Toshiya Nagasawa, Kaori Shimamura, Michihiro Yamanishi, Osamu Shimizu, Shuri Takahashi...

asian-scans

Gun Crazy 2

Une avocate ébranlée dans ses convictions prend maintenant les armes pour tuer ceux qui échappent à la justice.

Afin d’apprécier à sa juste valeur la série des GUN CRAZY, il faut bien prendre conscience du système économique dont elle est issue, à savoir le V-Cinema. C’est un système qui se rapproche du DirectToDvd Occidental, auquel s’ajoutent des conditions de tournage dignes de l’amateurisme. A cela, nous rajoutons l’appartenance de la série à ce genre très populaire au Japon du « Female with guns » : le concept est de raconter une histoire où une femme se retrouve à prendre les armes pour une quelconque raison.
Cette structure permet des variations intéressantes basées sur le changement de sexe du personnage principal. Alors que le premier volet s’apparentait à un remake de POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS, le second volet flirte plutôt avec le canevas du vigilante movie, ou film d’auto-défense. Dans celui-ci, nous voyons un individu confronté à la violence du monde contemporain, qui, après avoir découvert l’incapacité du système judiciaire à assumer son rôle, décide de prendre les armes pour se faire justice lui-même. Le film qui constitue le classique incontournable du vigilante movie est LE JUSTICIER DANS LA VILLE avec Charles Bronson. Néanmoins, nous pouvons trouver d’autres similitudes entre ce GUN CRAZY et figures du film d’auto-défense : VIGILANTE de William Lustig (où un homme rejoint une milice pour se venger de la mort de son enfant) ou encore L’INSPECTEUR HARRY de Don Siegel.
De ces trois long-métrages, BEYOND THE LAW reprend plusieurs scènes qui résonnent en figures imposées : l’avocate désabusée par le système judiciaire renvoie au personnage de Clint Eastwood chez Siegel ; le groupuscule de justiciers évoque VIGILANTE ; le fonctionnement du système judiciaire est semblable à celui qui est représenté dans UN JUSTICIER DANS LA VILLE…
Cependant, le réalisateur Atshushi Muroga ne se contente pas d’aligner mécaniquement ces situations devenues des clichés. En fait, on remarque même des améliorations par rapport au précédent volet : Muroga exploite visuellement le décor citadin qui lui est offert, le montage est plus efficace, les chorégraphies sont plus soignées et moins nombreuses, la caméra tremble moins… Il s’offrira même une très sympathique scène de suspense dans laquelle notre avocate, devenue sniper l’espace de quelques minutes, hésite à appuyer sur la gâchette.
Grâce à une durée relativement courte (le métrage dépasse à peine les 60 minutes), GUN CRAZY 2 n’accuse pas (ou si peu) de temps mort. Le format se veut franc, et il rentre vite dans le vif du sujet pour ne plus le lâcher. Si l’on concède un minimum d’indulgence pour les nombreux clichés utilisés, il faut reconnaître le savoir-faire de Muroga, qui parvient à montrer de plus en plus d’aisance derrière la caméra. Par conséquent, dans la mesure de ses moyens, la série des GUN CRAZY affiche une tendance à se bonifier.




Chers lecteurs,
aidez-vous à financer le site
et de nouveaux numéros de Sueurs Froides
en versant un don à notre éditeur.



Votre soif de lecture n'est pas rassasiée ?
Téléchargez les anciens numéros de Sueurs Froides


Inscrivez-vous à la liste de diffusion et accédez au
téléchargement des anciens numéros de Sueurs Froides :
- Une tranche d'histoire du fanzinat français
- 36 numéros de 1994 à 2010
- Près de 1800 films critiqués
Un index est disponible pour chercher un film ou un dossier
CLIQUEZ ICI.

Article rédigé par : André Cote

Ses films préférés : Dark City, Le Sixième Sens, Le Crime Farpait, Spider-Man 3, Ed Wood


=> Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons ce lien.
Share via
Copy link