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House on Skull Mountain

Un texte signé Nassim Ben Allal

Nationalité
Etats-Unis
Année de production

1974
Réalisation

Ron Honthaner
Interprètes

Janee Michelle, Jean Durand, Mike Evans, Victor French

Touche à tout, Ron Honthaner passe par de nombreux postes devant et derrière la caméra avant de tourner en 1974 THE HOUSE ON SKULL MOUNTAIN qui demeure à ce jour sa seule et unique réalisation. Seul et unique scénario de son auteur, Mildred Pares, ce film est un curieux mélange de blaxploitation, de film de maison hantée et de sorcellerie vaudou.
Quatre personnes, deux hommes et deux femmes, apprennent que l’une de leurs aïeules qu’ils n’ont pas connu vient de décéder. Appelés pour la lecture du testament dans la demeure de la vieille dame, manoir bâti sur un rocher en forme de crâne humain dans la banlieue d’Atlanta, ils seront tour à tour assassinés de manière mystérieuse. Pour survivre, les héritiers vont devoir mener leur propre enquête quitte à découvrir le passé de prêtresse vaudou de leur arrière-grand-mère et à affronter une secte.
Dés les premiers plans, c’est un film incroyablement daté qui apparaît au spectateur : couleurs, réalisation, montage, tout indique un film des années soixante-dix au look de vieil épisode de série télévisée. Et pour cause, film à petit budget tourné par un technicien habitué des plateaux de télévision, THE HOUSE ON SKULL MOUNTAIN ne cherche pas à masquer ce qu’il est, au contraire. Conscient de ses moyens limités (à commencer par certains comédiens dont le jeu est plus qu’approximatif), le réalisateur tente de raconter une histoire par vraiment novatrice de la manière la plus efficace qui soit. Et le traitement s’avère payant car le film se regarde sans ennui et tient de bout en bout la distance sur quatre-vingt dix petites minutes. Certes, le métrage ressemble à un épisode fantastique de COLOMBO mais après tout, pourquoi pas ? Faisant la part belle aux rites vaudous, THE HOUSE ON SKULL MOUNTAIN offre une sympathique variation de blaxploitation car il met ici en scène des personnages noirs qui ne sont pas des stéréotypes mais des gens normaux avec leurs qualités et leurs défauts. Petite idée drôle et inattendue : l’un des héritiers est blanc alors que toute la famille est noire ! Un intrus ? Non, issu de l’assistance publique, il a simplement été adopté par une famille noire. Ce clin d’œil simple et jamais appuyée permet de faire passer une véritable plaidoyer pour la tolérance de manière simple et ludique.
Mais THE HOUSE ON SKULL MOUNTAIN est loin d’être un film engagé. Fortement teinté de fantastique à l’ancienne, c’est un petit tour dans le train fantôme d’une fête foraine de campagne. Usant d’effets classiques pour susciter l’effroi ou créer le suspens, entre portes qui claquent, orages violents, éclairs menaçants et apparitions fantomatiques en surimpression, cette série B remporte haut la main son pari. Totalement désuet, THE HOUSE ON SKULL MOUNTAIN offre un vrai plaisir visuel grâce notamment à des peintures sur verre aucunement raccord avec la lumière du film mais qui apportent du coup un décalage savoureux avec ce qu’il est coutume de voir aujourd’hui.


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Article rédigé par Nassim Ben Allal

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