Un texte signé Stéphane Gresles

USA - 2004 - Justin Paul Ritter
Interprètes : Helene Udy, Taylor M. Dooley, Nicole Jarvis, Todd Gordon, Jun Hee Lee, Lee Perkins

review

Katiebird

Pour son premier film en tant que réalisateur, Justin Paul Ritter nous propose de suivre le parcours de Katiebird, en s’intéressant principalement à son adolescence et à son passage à l’âge adulte, via sa découverte du plaisir de tuer sous les conseils d’un père lui-même tueur en série.
On retrouve donc Katiebird en compagnie de son amant et psychiatre, le docteur Richardson, dans un appartement. Elle lui décrit sa jeunesse sous l’influence d’un père très présent, mais meurtrier, et son premier passage à l’acte. En parallèle, la relation charnelle entre Katiebird et son amant dégénère et le docteur se retrouve vite enchaîné subissant alors les mêmes sévices que ceux infligés à la première victime de Katiebird…
Aussi scénariste sur ce projet, Justin Paul Ritter réalise un film construit sur le mode du flashback en passant constamment du présent à l’enfance de Katiebird. Pour passer d’une époque à l’autre, il joue la plupart du temps sur le parallèle « première victime/dernière victime » et sur la similitude des tortures infligées. Et d’un point de vue torture, nous sommes gâtés ! En effet, rien ne nous est épargné et le film remplit totalement son contrat. Il n’a rien à envier à la série des Guinea Pig. On a donc droit aux brûlures de cigarettes, à des scènes d’automutilation, aux dents arrachées en gros plan, etc… On glisse vraiment dans la folie du personnage et dans l’horreur.
La folie de Katiebird est d’autant mieux retranscrite à l’écran que les deux actrices l’incarnant sont excellentes. Helene Udy en Katiebird adulte est complètement allumée et névrosée, ce qui a dû la changer de l’ambiance de Dr Quinn, femme médecin. Quant à Taylor M. Dolley, elle est tout simplement époustouflante en Katiebird adolescente et l’on a vraiment du mal à croire qu’il s’agisse de son premier film en tant qu’actrice. Totalement habitée par son rôle, elle modifie son jeu au fur et à mesure du film pour faire passer son personnage du statut d’adolescente à celui de prédatrice.
Esthétiquement le film est plutôt surprenant, l’image mais aussi le son ont visiblement fait l’objet d’un soin tout particulier. S’agissant de l’image, l’écran est continuellement soit rétréci, soit scindé en plusieurs parties. La plupart du temps, cela permet de suivre la scène sous différents angles et donc sous différents points de vue, notamment bourreau/victime ; tous ces plans bénéficiant d’une photo splendide. La musique, minimaliste (guitare et batterie), est quant à elle omniprésente. Cependant, ce parti-pris esthétique peut se révéler un peu gênant en particulier au niveau de la musique, qui devient assez vite stressante. Mais il prend tout son sens quand l’ambiance devient glauque et que les scènes de tortures commencent, accentuant le côté dérangeant du film.
Justin Paul Ritter nous propose donc un film trash, glauque et malsain avec son lot de torture, le tout filmé sans concession mais sans pour autant oublier le côté esthétique de son film, celui-ci étant magnifique de bout en bout. Et même si quelquefois, l’ensemble ressemble un peu trop à un exercice de style, le film reste jouissif, notamment grâce à l’excellente prestation de ces actrices.




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Article rédigé par : Stéphane Gresles

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