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Réalisé par un familier du serial, KING OF THE ROCKET MEN constitue un divertissement sans prétention introduisant le personnage de l’Homme Fusée, alias Rocket Man, lequel revint ensuite dans trois autre serials et acquis une renommée suffisante pour avoir droit à un divertissant hommage en 1991 avec le ROCKETEER de Joe Johnston.
Petite tromperie sur la marchandise, KING OF THE ROCKET MEN ne compte qu’un seul Homme Fusée, lequel dissimule un certain Jeff King, d’où un titre roublard et mensonger (King des Hommes Fusées c’est moins aguicheur que Le Roi des Hommes Fusées). L’intrique, pour sa part, n’innove guère et confronte un héros intrépide à un mystérieux super vilain dont nous apprendrons l’identité secrète lors des dernières minutes. Jeff King enquête sur les meurtres de plusieurs scientifiques par un génie du crime surnommé Dr Vulcain dont le but est de s’emparer d’une nouvelle invention appelée « Décimateur ». King, persuadé que le maléfique Vulcain appartient à l’entreprise Science Associates, requiert l’aide d’un certain professeur Millard dont la mort apparente a été mise en scène afin de le placer en sureté. Millard donne ensuite à Jeff King une invention révolutionnaire, un costume permettant de voler telle une fusée, et, sous l’identité de Rocket Man, notre héros protège le monde des exactions du Dr Vulcain.
Réalisé à la fin de l’âge d’or du serial, en 1949, KING OF THE ROCKET MEN témoigne de l’essoufflement du genre et du manque de moyens offerts aux cinéastes de cette époque. Le costume de l’Homme Fusée, par exemple, s’avère ridiculement drôle avec son tableau de commande composé de trois boutons (Up/down, Fast/Slow, On/Off) que manipule inlassablement le héros avant de décoller ou d’atterrir. Des plans repris au fil des différents chapitres qui s’avèrent rapidement lassant pour peu que l’on regarde le serial d’une seule traite. D’une totale naïveté, le métrage montre aussi notre intrépide Rocket Man se poser sans encombre après avoir volé à la vitesse d’un missile. La suspension d’incrédulité devra par conséquent fonctionner à plein régime pour éviter au spectateur de se désintéresser du spectacle proposé.
Malheureusement, le scénario se révèle terriblement routinier et ressasse des situations identiques voyant le Rocket Man déjouer les plans du Dr Vulcain. De chapitres en chapitres, notre héros se lance à la poursuite des méchants et empêche le vol d’un objet devant permettre à Vulcain de détruire un « quelque chose » plus ou moins identifié. La banalité règne d’autant que les cliffhangers s’avèrent sans imagination, la plupart des épisodes se concluant par la chute en apparence mortelle du héros assommé, lequel se réveille opportunément au début du chapitre suivant. Pire encore, KING OF THE ROCKET MEN se montre complètement malhonnête en révélant des détails préalablement ignorés par les héros. Ainsi quand l’Homme Fusée et la belle demoiselle en détresse se trouvent coincé dans un tunnel envahi par de la lave en fusion (une fin pour une fois originale et palpitante), l’épisode suivant dévoile opportunément une porte dérobée leur permettant de fuir. De manière similaire, si un chapitre se clôt par l’explosion spectaculaire d’un véhicule, la suite nous apprend invariablement que le Rocket Man était sorti juste avant ! Des procédés faciles, certes typiques du « film à épisodes » mais particulièrement gênant lorsqu’ils se répètent tout au long du métrage. Le dixième segment se contente d’ailleurs de résumer la situation pour les spectateurs ayant pris le train en route et de rogner encore davantage sur le maigre budget. La révélation de l’identité du cruel Dr Vulcain, voulue fracassante, ne surprendra probablement personne, excepté le héros lui-même, dont la naïveté stupidement héroïque confine souvent à la pure bêtise. Pour le grand final, le cinéaste reprend des scènes entières d’un film des années ’30 intitulé DELUGE, se permettant des séquences de tremblement de terre et de raz de marée encore impressionnantes aujourd’hui et totalement inaccessible à ses pauvres moyens. Reconnaissons toutefois l’habileté du procédé et le savoir faire du montage, rendant ce « remixage » indiscernable pour les non avertis.
Agé de 40 ans, Tristram Coffin parait à contre emploi dans le rôle du « jeune » héros sans peur et sans reproche et Mae Clarke (FRANKENSTEIN) semble elle-aussi avoir passé l’âge de jouer les demoiselles en détresse. Néanmoins, ils font leur possible pour conférer un minimum de crédibilité à leur rôle, même si Coffin a bien du mérite à rester sérieux dans son piètre uniforme de super héros.
Niveau effets spéciaux, si les maquettes sont risibles les scènes de vol sont tout à fait acceptables même si l’utilisation de plans identiques d’un chapitre à un autre témoigne du budget restreint alloué à l’entreprise.
Serial sans saveur particulière perdant rapidement son punch et épuisant l’intérêt du spectateur en répétant ad nauseam les mêmes situations, KING OF THE ROCKET MEN possède cependant un certain charme nostalgique qui saura amuser les inconditionnels de la série B rétro.
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Article rédigé par Frédéric Pizzoferrato
Ses films préférés - Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer

