Un texte signé André Quintaine

Espagne, Allemagne - 1969 - Jess Franco
Titres alternatifs : Bésame Monstruo
Interprètes : Janine Reynaud, Rosanna Yanni, Adrian Hoven, Chris Howland, Michel Lemoine

retrospective

Kiss Me Monster

Après SADISTEROTICA, KISS ME MONSTER raconte la seconde aventure des deux charmantes greluches que sont Diana et Regina, toujours interprétées par Janine Reynaud et Rosanna Yanni. Cette fois-ci, elles sont contactées par une étrange secte qui leur demande de retrouver une formule secrète écrite par un fantastique savant qui vient tout juste de mourir. La formule se trouve quelque part sur une île et elles doivent bien faire attention à leurs fesses car elles ne sont pas les seules à courir après.
Nous retrouvons également Adrian Hoven, toujours producteur et acteur. Rappelons que Adrian Hoven est principalement connu dans le cinéma Bis pour avoir produit le fameux HEXEN BIS AUFS BLUT GEQUÄLT (aka Mark of the Devil – 1970) qui surfait allègrement sur la vague des films d’Inquisition.
KISS ME MONSTER, quant à lui, est un bon exemple des films à destination des « drive-in ». Tout le long du métrage, on a l’impression d’assister à un spectacle halluciné qui n’a ni queue ni tête.
Au bout de plusieurs dizaines de minutes de métrage, on parvient malgré tout à dégager un fil conducteur de ce qui se déroule sous nos yeux. Il reste néanmoins très mince, ce fil.
L’impression générale qui ressort de KISS ME MONSTER est celle d’assister à une succession de scènes cultes mises bout à bout, tant bien que mal. Dans cet esprit, de grandes séquences désopilantes se dégagent du film comme par exemple la fin avec nos deux greluches qui partent dans un fou rire hystérique. On pense également à l’incroyable séquence durant laquelle nos deux charmantes détectives livrent le résultat de leur enquête à la secte qui les a employées. Le gourou leur explique alors que la secte ne bénéficie plus du même rayonnement qu’autrefois et qu’elle n’est donc pas en mesure de rémunérer immédiatement leur travail. Diana et Regina recevront leur salaire lorsque le culte aura encaissé les premiers bénéfices engendrés grâce à la découverte de la formule.
Parmi les autres moments forts du film, on retiendra la scène durant laquelle l’une de nos deux nénettes est retenue captive par un gang de jeunes filles vierges et lesbiennes qui détestent les garçons, tout comme celle suivant la découverte de la mystérieuse formule. Chaque fois qu’une personne réussit à mettre la main dessus, elle se fait trucider par une autre, et ainsi de suite. Nous avons alors droit à une sorte de ballet totalement surréaliste.
Même si KISS ME MONSTER est pétri de scènes génialissimes, l’ensemble ne fonctionne pas tant l’incohérence règne dans ce film. En outre, les séquences hors sujets qui servent à rallonger la durée du métrage sont difficiles à accepter. L’amour de Jess Franco pour le jazz et pour les belles images n’excusent pas tout. Tout comme pour RITES OF FRANKENSTEIN que nous avons traité dans le dernier numéro, Jess Franco s’excite sur des idées géniales mais ne prend pas la peine de les incorporer logiquement afin qu’elles débouchent sur un vrai film. En le prenant au second degré, certains pourront néanmoins s’amuser devant ce spectacle anarchique.




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Article rédigé par : André Quintaine

Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks

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