Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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La Marque du Vampire

Un texte signé Jérôme Pottier

Nationalité
USA
Année de production

1935
Réalisation

Tod Browning
Interprètes

Bela Lugosi, Lionel Barrymore, Carol Borland, Elizabeth Allan

En 1934, en Europe Centrale, Sir Karell Borotyn est retrouvé mort et tout porte à croire qu’il a subi l’agression d’un vampire. Son beau-frère, assisté d’un spécialiste en occultisme, décide de mener l’enquête…
THE MARK OF THE VAMPIRE, aujourd’hui réhabilité, fut vertement critiqué à l’époque. Trop avant-gardiste, il désarçonna la critique et le public. En effet LA MARQUE DU VAMPIRE débute comme un film d’épouvante classique à la beauté plastique envoûtante et inégalable, pour se terminer dans un humour des plus fins. Lorsque la même recette fut appliquée par Roman Polanski pour son LE BAL DES VAMPIRES, en 1967, on lui fit un triomphe… le public était certainement prêt au contraire de celui des années 30 (rappelons que la carrière d’Abbot et Costello, bâtie sur les parodies de films d’épouvante, débute dans les années 40). Pourtant, si l’on observe plus attentivement le travail de Tod Browning, on constate qu’en fin de carrière, il sut faire preuve d’un art raisonné du pastiche, à l’image du personnage travesti campé par Lionel Barrymore dans THE DEVIL DOLL (1936).
Lionel Barrymore, que l’on retrouve ici dans le rôle du truculent Professeur Zelin, spécialiste de l’occultisme et des vampires. Le légendaire Barrymore (plus de 200 films dont les classiques DUEL AU SOLEIL de King Vidor, en 1946, LE FAUCON MALTAIS de John Huston, en 1948, etc. Etc.) s’en donne à coeur joie en composant une parodie du fameux chasseur de vampires Van Helsing. Il est ici opposé à un vampire d’opérette incarné par le génial cabotin Bela Lugosi, monstre sacré, le seul et vrai Dracula de l’histoire du cinéma, qui eut une fin de vie bien triste. Lugosi excelle à contrefaire sa propre interprétation de DRACULA pour endosser la cape du Comte Mora. Il est aidé dans sa tâche par sa fille Luna, interprétée par Caroll Borland. Elle est la révélation de ce film, imprégnant chacune de ses apparitions d’une poésie macabre et d’un magnétisme atypique. Sa carrière fut plus qu’éclair, puisqu’elle ne tourna que cinq films, ce qui paraît incompréhensible pour qui l’a vu déployer sa grâce diaphane dans LA MARQUE DU VAMPIRE. L’autre vedette féminine de ce film est Elizabeth Allan, cette voluptueuse actrice que l’on avait déjà vu, l’année précédente, dans le sympathique THE MYSTERY OF Mr. X (Edgar Selwyn).
A ces interprétation et réalisation hors pairs s’ajoutent des décors fabuleux signés du directeur artistique de LE MASQUE D’OR : Cedric Gibbons. La photographie du Chinois James Wong Howe s’avère extraordinaire ; on a rarement vu un si beau noir et blanc. On peut donc considérer ce film comme un pur chef-d’œuvre de la grande époque de l’épouvante gothique, l’argument qui consiste à dire que la fin brise tout est désormais irrecevable. Le procès critique qu’a subi THE MARK OF THE VAMPIRE, tout comme ensuite CARNIVAL OF SOULS (Herk Harvey-1962) dont la fin avait décontenancé le public (fin depuis repompée à outrance dans LE SIXIEME SENS de M. Night Shyamalan en 1999 comme dans LES AUTRES d’Alejandro Amenabar en 2001), paraît dépassé tant cet épilogue incongru concourre au charme suranné de ce très bon Tod Browning.


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Article rédigé par Jérôme Pottier

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