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Une strip-teaseuse de bas étage, travaillant dans un club minable, vit sous la coupe de sa jolie maîtresse. Elle a, avec elle, une relation complexe, basée sur la soumission totale. D’étranges rêves lui font redouter un basculement plus que certain dans la folie. Est-elle juste dérangée, ou est-elle une meurtrière ?
Jess Franco est connu de nombre d’amateurs de série B pour ses histoires plus ou moins érotiques et horrifiques, et son goût pour déshabiller ses actrices. VAMPYROS LESBOS, LE JOURNAL INTIME D’UNE NYMPHOMANE ou CELESTINE… BONNE A TOUT FAIRE en sont plusieurs exemples. Tourné en 1970, LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT ne s’attarde pas sur la plastique de la future égérie du réalisateur, Lina Romay. Il faudra pour cela attendre encore quelques films. Le spectateur peut cependant admirer les toujours très peu vêtues Diana Lorys et Colette Giacobine. Soledad Miranda, qui mourut l’année de sortie du film, est une habituée des productions de Jess Franco et se retrouve ici dans un petit rôle, des plus dénudés évidemment. Jess Franco n’aime fort logiquement pas laisser des vêtements sur ses actrices, ce qui est agréable pour le spectateur.
Ce métrage, insolite, porte assez bien son nom. Il est tout d’abord difficile de comprendre ce qu’il cherche à nous raconter. La voix off d’Anna, l’héroïne (Diana Lorys) nous raconte ici l’histoire de sa vie. Elle nous parle de ses rêves étranges, alors que la caméra fait des gros plans sur des oiseaux. Nous découvrons son quotidien sous l’emprise de son amante. Lors de flash-back s’attardant sur son effeuillage, elle nous explique comment elle a atterri dans cette demeure à obéir à cette femme. Est-elle folle ? Que désirent vraiment la femme qui la dirige et ce médecin si prévenant en apparence ? Qui sont les mystérieux voisins (dont Soledad Miranda) qui observent ce petit monde ? Voilà les questions que peut se poser le spectateur alors que le film évolue.
Jess Franco, lui, fait régulièrement des digressions lors de scènes saphiques étranges, floues, filmées en gros plan, en contre-jour, sur fond de musique disco. Cette manière de les mettre en images supprime presque tout l’érotisme des séquences (mais pas tout à fait). Les scènes sont baignées par un onirisme singulier des plus troublants qui, curieusement, sert très bien le propos du film. De même, l’apparition d’un amant poète débitant des phrases sibyllines à l’héroïne, avant de se faire tuer, paraît incongrue en apparence. La séquence est tellement irréaliste, aidée par la réalisation qui plonge la pièce dans une pénombre mystérieuse, que le spectateur a toujours l’impression de suivre une succession de séquences tenues par un lien infime. Nous sommes ainsi vraiment plongé dans une sorte de suite de rêves, tantôt moites, tantôt horribles, et le tout a un effet assez déstabilisant.
LES CAUCHEMARS NAISSENT LA NUIT n’est ni très sanglant, ni très érotique, et la fin de l’histoire n’est pas des plus intéressantes. En conclusion, le spectateur comprend les différents tenants et aboutissants et, finalement, le métrage en devient assez classique dans son récit. Cependant, lors de son déroulement, il parvient à distiller une ambiance assez singulière, mi-voulue, mi-ratée, plongeant le spectateur dans un rêve aussi kitch que surprenant. Et, dans ce parcours irréel, le mauvais jeu des acteurs en devient un atout.
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Article rédigé par Yannik Vanesse
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