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Opium and the kung fu master

Un texte signé Frédéric Pizzoferrato

Nationalité
Hong Kong
Année de production

1984
Réalisation

Tang Chia
Titres alternatifs

Hung kuen dai see
Interprètes

Ti Lung, Chen Kuan Tai, Tang Chia, Robert Mak, Philip Ko

Tang Chia fut un des plus grands chorégraphes de la Shaw Brothers, qui officia sur pratiquement tous les titres majeurs de Chang Cheh ou Chu Yuan. Spécialiste des combats de foule, Tang Chia se lança, peu avant la fermeture du mythique studio, dans la mise en scène, livrant trois œuvres d’une qualité exceptionnelle: SHAOLIN PRINCE, SHAOLIN INTRUDERS et cet OPIUM AND THE KUNG FU MASTER d’une rare noirceur.
Les métrages martiaux de la Shaw Brothers, en effet, ont rarement traité de sujets véritablement sérieux et il est étonnant de voir Tang Chia aborder de front la problématique de l’opium, une drogue qui fit des ravages et, comme le souligne une jeune femme, contribua à propager l’idée que les Chinois sont “les malades de l’Asie”. OPIUM AND THE KUNG FU MASTER commence de manière classique, en alternant l’action et l’humour, souvent naïf (comme en témoigne les maladroites tentatives de séduction d’un des disciples) et en posant les bases d’une intrigue au départ conventionnelle.
Un maître du kung-fu, incarné par le vétéran Ti Lung, protège une petite ville jusqu’à ce qu’un maître rival, humilié suite à une défaite lors d’une danse du lion, vienne semer la zizanie. Un dealer d’opium rejoint alors la ville et construite une fumerie, transformant rapidement la majorité des villageois en drogués. Mais le personnage joué par Ti Lung tombe lui aussi accro à l’opium. C’est à partir de ce moment que OPIUM AND THE KUNG FU MASTER innove et la prestation de l’acteur s’avère à la hauteur du sujet. Il faut le voir féliciter un de ses disciples, enfin capable de lui tenir tête, alors que ce-dernier, dépité, préfère lui répondre que ce ne sont pas ses qualités martiales qui se sont développées mais bien celle du Sifu qui se sont dégradées. Refusant la vérité, Ti Lung s’enfonce dans la dépendance et se révèle finalement incapable de vaincre son rival…Mais il prend peu à peu conscience de son état et décide de passer par une vigoureuse désintoxication. Cette partie du métrage, hélas, est un peu plus faible et manque clairement de subtilité, même si l’approche du problème de la drogue par la Shaw était indubitablement osée. Le final, pour sa part, se révèle un peu trop attendu pour pleinement convaincre mais OPIUM AND THE KUNG FU MASTER demeure néanmoins un titre des plus efficaces. Au niveau martial, Tang Chia se surpasse et nous offre une série de duels d’une exceptionnelle qualité. Certains trouveront probablement que le chorégraphe ne nous donne pas la même orgie de combats que dans ses deux réalisations précédentes mais les séquences de duels et d’entrainements sont particulièrement bien intégrées à l’intrigue et s’avèrent terriblement entrainantes. La présence d’un vieux maître aveugle, fortement inspiré de Zatoichi, joué par le cinéaste lui-même, est également un petit plus à un film qui, décidément, n’en manque pas.
Sans être un chef d’œuvre absolu, OPIUM AND THE KUNG FU MASTER est donc un bel équilibre entre action, humour (dans sa première partie) et réflexion, même si cette dernière passe un peu au second plan au profit d’un spectacle divertissant au possible. Dommage que le cinéaste n’ait pas jugé bon de développer un tant soit peu certaines situations ou personnages, se limitant à une durée restreinte (85 minutes) mais, en l’état, le métrage reste un excellent cru pour la Shaw Brothers. Vivement conseillé!


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Article rédigé par Frédéric Pizzoferrato

Ses films préférés - Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


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