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Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Prends-moi de force

Un texte signé Yannik Vanesse

Nationalité
France
Année de production

1978
Réalisation

Boris Pradley
Interprètes

Jean-Marie Pallardy, Jean Luisi, Brigitte Lahaie

Deux ravissantes demoiselles vont pique-niquer dans les bois. Se croyant seules dans la nature bucolique, elles commencent à s’amuser sensuellement. Cependant, un vagabond masqué et armé d’un fusil les observe et, agissant au bon moment, les soumet à sa volonté. D’abord terrifiées, les jeunes femmes finissent par céder au plaisir et se donnent joyeusement à lui.

Derrière le pseudo de Boris Pradley se dissimule l’acteur/réalisateur Jean-Marie Pallardy. Ce dernier a alterné érotisme plus ou moins porno et série B plus classiques, mais a aussi réalisé quelques surprenant films X des années 70. Certains de ces métrages, difficilement trouvables, sont édités en DVD, dans des copies venant des archives de l’auteur. Certes, l’image de ce PRENDS MOI DE FORCE n’est pas magnifique, et saute parfois, mais l’occasion de découvrir ou redécouvrir de tels films mérite qu’on s’y attarde malgré tout. Le spectateur découvre, au sein de ce casting, l’inoubliable Brigitte Lahaie, qui incarne une des deux demoiselles présentes au début du métrage, et le réalisateur incarne un des protagonistes du film (un des habitants de cet étrange village).

Les premières minutes du film restent très classique en terme de X. Deux femmes dans la nature, offrent au spectateur une séquence de lesbianisme des plus sulfureuse. Et si l’ajout d’un homme dans ce type de scène n’est pas nouveau (un voyeur qui se ferait inviter), utiliser un vagabond masqué, armé d’un fusil, ne s’exprimant que par grognements, amène une ambiance légèrement dérangeante. Bien entendu, les deux jeunes femmes se laisseront faire, et adoreront cela, mais il ne faut pas voir ici l’idée que les femmes recherchent la violence, idée propre à faire hurler les féministes.
Boris Pradley crée en effet une ambiance tellement décalée et hors de la réalité, quasi-onirique, qu’il faut se laisser porter par cet étrange récit sans rechercher ce genre de message nauséabond, ni essayer d’ancrer le film dans un réalisme qu’il cherche à fuir. En effet, l’utilisation de musique étrange et le jeu approximatif des acteurs et actrices créent un ensemble à la poésie décalée troublante, entre pornographie sulfureuse et ambiance teintée d’horreur (on pense parfois à Jean Rollin). De surcroît, l’univers créé par Boris Pradley est tellement irréaliste qu’il ne peut que prêter à sourire – et à rêver. Car le village de campagne où se déroule ce récit est nanti d’un nombre assez effarant de demoiselles à la beauté hallucinante (et loin des canons entièrement refaits que l’on voie à l’heure actuelle), toutes étant ouvertes et aimant s’amuser entre-elles. N’importe quel spectateur aimerait tomber en panne dans un tel lieu. A ce catalogue de charmantes nymphes s’ajoutent quelques hommes, bouseux mal dégrossi, et deux Américains, l’un étant peut-être le fameux vagabond.
Les séquences de sexes sont assez superbes, vraiment sulfureuses et ne laisseront personne de marbre. Sorti de ces moments chauds, l’auteur ne fait pourtant pas de remplissage, mais livre une galerie de personnages intéressants, qui d’abord se méfient des Américains, avant de partir en quête de ce vagabond pour protéger leurs femmes. Les dialogues sont réduits au strict minimum (l’auteur préférant, à raison, une musique, souvent en décalage avec les scènes, ce qui créé un ensemble déstabilisant), et le récit se développe sans longueur (il dure un peu plus d’une heure), jusqu’à un final brutal à l’ironie sanglante.
PRENDS MOI DE FORCE est un très bon film pornographique, qui prouve qu’il est possible de construire un récit, et surtout une ambiance, au sein de ce genre filmique, un film qu’il serait dommage de ne pas découvrir, et qui est enfin édité en DVD.


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Article rédigé par Yannik Vanesse

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