Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Réincarnations (1981) Zombie movie

Un texte signé Sophie Schweitzer

Nationalité
USA
Année de production

1981
Réalisation

Gary Sherman
Titres alternatifs

Dead and Buried
Interprètes

James Farentino, Melody Anderson, Jack Albertson

Réincarnations aussi appelé Dead and Buried, réinvente en 1981 le film de zombie.

Dans une petite ville côtière des États-Unis, d’étranges évènements se produisent. Les étrangers de passages sont victimes de violentes attaques. Le shérif se pose de plus en plus de questions, surtout quand il croise par hasard l’une de ces victimes, censée être morte et enterrée, à la station-service. Se pourrait-il que les morts reviennent à la vie ?

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Une production compliquée

Le projet de Réincarnation naît d’un sacré imbroglio. D’abord scénaristique, puisque le projet initié par Jeff Millar et Alex Stern finit dans les mains de Ronald Shushett (co-scénariste de Alien). Ce dernier décide alors de le confier à Gary Sherman, réalisateur du Métro de la mort (Death Line). Il contacte également son collaborateur sur Alien, Dan O’Bannon, afin qu’il leur donne son avis sur le script. Ce dernier dira par la suite qu’aucune de ses propositions n’a été conservée et qu’il n’a été payé que pour que son nom apparaisse au générique. Des années plus tard, il reconnaîtra néanmoins les qualités au du film.

Pour Gary Sherman c’est l’occasion de donner naissance à un nouveau cauchemar. Frustré sur ses précédents projets, dont Phobia, où il a eu le sentiment de perdre le contrôle il démontre cette fois-ci une volonté d’auteur affirmée. Par exemple en choisissant une petite ville nimbée de brume propice à l’atmosphère désirée, mais aussi de ne jamais avoir la couleur rouge à l’écran, car selon ses dires « le sang rouge est propre aux vivants ». Il va jusqu’à lancer un clin d’œil aux fans de Lovecraft avec la mention de la ville de Providence où des phénomènes curieux avec les morts auraient également été remarqués.

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Un film à atmosphère

Dans cette volonté d’offrir une atmosphère particulière, il choisit d’embaucher très peu de comédiens connus. Au contraire, il leur préfère des débutants et parfois même, des non comédiens, comme pour le personnage de la tenancière du seul restaurant de la ville. Un seul acteur est un peu célèbre. Il s’agit de Jack Alberton, un danseur de claquettes, souffrant alors d’un cancer. Il est ici à contre-emploi, dans le personnage de l’embaumeur, directeur des pompes funèbres. Ce métier à priori funèbre est égayé par la personnalité joviale du comédien qui, malheureusement, s’éteindra l’année suivant le tournage.

Si la genèse du film est compliquée, sa production l’est tout autant. À l’origine, l’entreprise Guinness souhaitant se lancer dans la production de films s’y intéresse, mais l’inquiétude d’une mauvaise retombée pour l’image de la marque les pousse à refiler le bébé à d’autres producteurs, peut-être un peu moins emballés par la vision du réalisateur. En effet, ce dernier se refuse au gore qu’il juge pas adapté à l’atmosphère recherchée. L’un des producteurs insiste tant qu’il va tourner des plans supplémentaires qu’il imposera au montage final.

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Des scènes marquantes

Et effectivement, Réincarnations commence très fort. Sur une plage, un photographe croise une jolie fille qui veut être mannequin. S’ensuit une séance de photo très sensuelle brutalement interrompue par l’arrivée de villageois. Ces derniers battent à mort le photographe pour ensuite le brûler vif. La séquence est marquante de par sa cruauté. Le montage et la mise en scène jouent sans cesse avec le spectateur et posent la question de « vont-ils vraiment aller jusqu’au bout ? »

C’est peut-être justement le mélange d’une atmosphère digne d’un Fog de John Carpenter mêlée au gore des films de zombie, auquel le film fait par moment référence, tout en s’inscrivant dans la lignée de films plus fantastiques, que Réincarnations se démarque et surtout s’impose. Si à sa sortie en salle, il ne rencontre pas le succès espéré par les producteurs, en revanche, sur le marché de la VHS et plus tard du DVD, Réincarnations deviendra un film culte.


TEST DU BLU-RAY/DVD


ESC sort le film Réincarnations aussi appelé Dead and Buried dans un coffret combo Bluray et DVD accompagné d'un petit livret et d'un double poster. Le design est soigné, le digipack se couvre d'affiches asiatiques du long métrage alors que le poster lui propose les deux affiches américaines. Le livret signé Marc Toullec revient quant à lui sur les aléas de la production, les choix du réalisateur ou encore la composition du casting, le tout accompagné de photos du tournage.

Sur les disques, on retrouve bien sûr le film, dans sa version restaurée, disponible dans deux versions : française ou originale, sous-titrée français. La version française étant en stéréo tandis que l'originale est en 5.1. le son est clair et l'image 2K de qualité. Cependant, elle se distingue un peu des versions restaurées habituelles et ceci est dû à l'histoire du film.

En effet, la pellicule de Réincarnations a souffert. Si bien que le long métrage n'était du tout diffusé en salle de cinéma pendant des années, jusqu'à ce qu'une restauration d'un négatif préservé arrive. Même avec la restauration, le film conserve son atmosphère poisseuse et glauque, en partie parce que de nombreux plans sont très sombres et les personnages à peine visibles. Beaucoup de films restaurés sont trop éclairés, si bien que les effets spéciaux deviennent perceptibles. Ce n'est pas le cas de Réincarnations, tourné de nuit et dans le brouillard, il demeure aussi sombre et opaque que lors de sa première sortie.

Histoire qu'on retrouve dans le livret, en partie. Les bonus pour leur part explorent la carrière de Dan O'Bannon (26 minutes), un entretien avec Michel Landi (affichiste) évoque son travail et enfin Jean-Manuel Costa revient sur la bande-annonce française de Réincarnations.

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BANDE ANNONCE :

Article rédigé par Sophie Schweitzer

Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite