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La sélection de courts métrages pour les dix ans du Sadique Master Festival rassemble à la fois des segments récents, mais également des travaux plus anciens, brisant la règle habituelle des compétitions de courts en festival qui se limite en général aux productions de l’année.
Noir et blanc graphique
Ocularis de JuanZi Amaya et Alejandro Bogado nous vient d’Argentine et a été réalisé en 2024. Adoptant une esthétique en noir et blanc et prenant le parti de n’avoir aucun dialogue, le court nous plonge dans l’œil de la caméra fixant trois femmes immobiles, figées et terrorisées. Très vite, on en comprend la raison. Succinct, puisque tout se déroule en 6 minutes, il s’impose avec une forte esthétique et un univers très marqué par la personnalité du duo de réalisateurs.
Ogled réalisé par Marina Ichim, Piotr Bockowski, Neo Fung en 2024 en Angleterre adopte lui aussi une esthétique marquée. À base d’encre noire, de lait coulant sur les corps exposés, il y a un désir de dénonciation du trafic humain dans ce court de 6 minutes et sans paroles lui aussi. Si son esthétique forte capte l’œil, suffit-elle pour autant à faire comprendre son propos politique ?


Foundfoutage efficace
A perfect child of Satan de Lucifer Valentine, réalisé en 2012, emprunte au genre très codifié et très à la mode dans les années 2010 du found foutage (genre cinématographique où les images sont supposées être prises par les personnages). S’il peut sembler aujourd’hui un peu classique, il reste pourtant très efficace grâce au charme indéniable de son actrice principale Chelsea Chainsaw. Celle-ci étant le seul personnage visible, elle porte littéralement tout le court sur ses épaules. On la suit se préparant à rencontrer un homme qu’elle considère comme parfait après avoir tchaté avec. Si aujourd’hui, on connaît tous les dangers des rencontres en ligne, cette piqure de rappel reste importante !
Fister est quant à lui réalisé par Antony Moran, en 2025 et nous vient d’Angleterre. Son univers et son esthétique sont très forts, nourris de références aussi variées que Tetsuo, Brazil, 1984 ou encore Renaissance, il bénéficie aussi du jeu et du physique particulier de son comédien principal : Lawrence R. Harvey qui s’est rendu inoubliable dans Human Centipède 2. Et bien sûr, de sa chute, à l’humour pour le moins noir qui, sans nul doute a marqué les esprits du jury, car il a remporté le prix de l’édition 2025 du Sadique Master Festival.


Perversion humaine
BloodlustXXX de Goblin O’Riley choisissait lui aussi le noir et blanc muet. Durant ses dix minutes, le court nous montre une femme aux formes généreuses malmenées par un homme masqué. En provenance des États-Unis, il s’avère sobre et classique dans sa forme tant dans son propos. Il lui manquait un petit quelque chose pour se détacher de cette sélection de haute volée qui démontre que la scène underground est toujours aussi inventive.
La sélection s’achevait avec Cured, réalisé en 2016 par Eric England et Jesse Burks. Lui aussi épouse le noir et le blanc avec un format muet, mais également, l’imagerie du muet. Avec des personnages hauts en couleur. On y voit une femme se débattant sur un brancard alors qu’elle est amenée dans une salle d’opération. La silhouette caractéristique de Michael Berryman, célèbre comédien américain qu’on a pu voir dans Vol au-dessus d’un nid de coucou, La coline a des yeux ou encore Une créature de rêve, apparait alors en chirurgien. Mais rien ne nous prépare à la suite ! Ce serait gâcher le travail très bien réalisé par ce duo que d’en dire plus.
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=> Entretien avec le sadique-master en personne : Tinam Bordage
Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite

