Un texte signé André Quintaine

USA - 1989 - Jon Killough
Interprètes : Mary Jackson, Scott Spiegel, Susan Rothacker, Floyd Ewing Jr

indie-eye

Skinned Alive

Une famille de serial killers s’installe dans un motel de l’Ohio. Elle est composée d’une mère vulgaire, borgne et en chaise roulante, ainsi que d’un frère et d’une soeur pratiquant sans complexe l’inceste. Les relations avec les voisins vont, bien entendu, mal se dérouler. L’un d’eux, divorcé, sera malgré tout plus récalcitrant que les autres.
Skinned Alive est une pure série Z venue d’outre-Atlantique, produite par une boîte indépendante. Les excentricités y sont alors possibles. Même si le budget du film est limité, cela ne se voit pas à l’écran, la modestie étant de mise. Les acteurs sont excellents, et sont certainement pour quelque chose dans la bonne humeur que dégage le film. Nous ne sommes pas, en effet, en présence d’un Z dans le genre d’Abomination ou d’Ozone, prétentieux et mal fichu, où le film se substitue au somnifère. Non, car Skinned Alive est véritablement bon.
On ne s’ennuie jamais tout au long de ces 75 minutes, les scènes s’enchaînant à un rythme soutenu, et ne se répétent jamais. Certaines font même preuve d’originalité. Par exemple, ce moment quelque peu malsain où Violet, la jeune fille tueuse, présente à son voisin sa “sculpture”, un vrai cadavre d’homme en décomposition avec lequel elle joue à “touche pipi”.

Malgré tout, la violence de certaines scènes, ainsi que le côté malsain de certains moments, sont détournés par l’humour, ce qui donne un ton totalement inoffensif au film. Mais cet humour est également noir et irrévérencieux, comme lorsqu’un prêcheur vient demander à la mère si elle est satisfaite de sa vie. Il n’aura comme réponse qu’une balle dans la tête. Même s’il est vrai que je n’aime pas trop l’humour dans les films d’horreurs, j’avoue cependant avoir apprécié celui de Skinned Alive. Le film n’est en effet qu’une farce, une sorte de réquisitoire contre la moralité américaine qui ne prêche que la croyance à tout-va et qui donne comme modèle de famille parfaite la maman et ses deux enfants, une fille et un garçon. Ici, la famille “modèle” est représentée par les méchants qui, en plus, sont vulgaires, irrespectueux et anti-religieux. D’ailleurs, leur voisine est une véritable potiche, pieuse, qui pense que la pire des choses est le divorce.

Bref, un film qui ne peut que plaire dans cette optique. En ce qui concerne le gore, il reste malgré tout assez furtif. Mais les effets sont très bien faits et certains sont spectaculaires, comme cette femme massacrée à la mitraillette. Ces scènes sont donc placées avec parcimonie mais rehaussent encore l’intérêt de ce film qui était déjà grand. D’ailleurs, les noms au générique ne nous sont pas inconnus. On retrouve en effet à la production David de Coteau, fervent adepte du Z le plus débridé (Assault of the Killer Bimbos), et surtout J.R. Bookwalter (Robot Ninja, The Dead Next Door) qui est un véritable espoir pour le cinéma gore. L’objectif de J.R. Bookwalter est de donner un sang neuf au genre, et c’est tout ce que nous attendons.

En résumé, Skinned Alive est exactement le genre de petit produit sans prétention qui remonte le moral par rapport aux séries B débiles et sans personnalités que nous refourguent régulièrement les USA.




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Article rédigé par : André Quintaine

Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks

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