Un texte signé André Quintaine

Grande Bretagne - 1964 - Robert Hartford-Davis
Titres alternatifs : The Black Torment
Interprètes : John Turner, Heather Sears, Ann Lynn, Peter Arne, Raymond Huntley

retrospective

Spectre Maudit, le

Lord Fordyke revient de son voyage de noces avec sa nouvelle épouse. En arrivant dans son somptueux domaine, l’accueil est glacial. On l’évite et on prend soin de ne pas être chaleureux avec lui. Son fidèle serviteur lui apprend alors qu’une jeune femme a été trouvée mourante après un viol. Ses derniers mots étaient son nom : Lord Fordyke. Désormais, toute la population du village pense qu’il est l’auteur de ce crime. Et pas de celui-ci seulement car on l’a vu errer à maintes reprises dans la nuit. « Mais, ce n’est pas possible, j’étais en voyage de noces à des kilomètres d’ici », s’écrie-t-il !
Voilà le thème principal de cet excellent produit britannique réalisé en toute modestie mais qui, aujourd’hui encore, est un vrai régal.
Quelle surprise ! L’incroyable qualité de ce film provient sans aucun doute de l’interprétation fascinante de John Turner qui réussit à incarner à la perfection un noble colérique et rationnel mais qui se noie dans l’inconcevable idée qu’il puisse se dédoubler. Notre protagoniste principal est également atypique. Ses colères en font un personnage que l’on pourrait aisément prendre en grippe. Pourtant, en même temps, son innocence paraît évidente et on finit par avoir pitié de lui. Malgré l’excentricité de son personnage, John Turner parvient à le rendre attachant, mystérieux, différent. On s’intéresse à ce qui lui arrive, non pas parce qu’il s’agit du héros diabolisé et victime de ce qui ressemble à une machination, mais bien parce qu’il est profondément intéressant.
De même, il ne faut pas oublier l’excellente mise en scène de Robert Hartford-Davis qui nous livre un vrai film gothique comme on en faisait à la grande période en Grande-Bretagne. La photographie est très belle et souligne magistralement des décors qui entretiennent une ambiance malsaine à l’intérieur du château. Qui dans l’entourage de XXX lui veut du mal ? Qui trouve un intérêt à monter cette machination autour de lui ? Mais, au fait, s’agit-il réellement d’une machination ? Peut-être est-il fou, tout simplement…
LE SPECTRE MAUDIT se permet le luxe de maintenir le mystère jusqu’au dénouement. Jamais, on ne peut véritablement découvrir se qui se trame réellement. Lorsque LE SPECTRE MAUDIT finit même par emprunter le chemin du surnaturel, on ne fait plus le malin sur son canapé.
Alors que beaucoup de films de cette époque qui se situent dans la même veine paraissent aujourd’hui quelque peu désuets et naïfs, LE SPECTRE MAUDIT, lui, n’a pas pris une ride. Il est efficace et fait parfaitement illusion jusqu’à la fin. Un véritable petit chef-d’œuvre intemporel.




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Article rédigé par : André Quintaine

Ses films préférés : Frayeurs, Les Griffes de la Nuit, Made in Britain, Massacre à la Tronçonneuse, Freaks

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