Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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The Muthers

Un texte signé Yannik Vanesse

Un groupe de femmes appartenant à un équipage de pirates décide de s’infiltrer dans une prison en plein air, située sur une île. Ils doivent sauver la sœur de l’une d’elles et obtenir suffisamment de preuves sur le compte du vil dirigeant de l’endroit, les autorités leur ayant demandé de s’infiltrer. Rien ne se passe comme prévu, mais il en faut plus pour abattre leur détermination et étouffer leur soif de liberté.

Cirio H. Santiago est un réalisateur habitué au cinéma bis et d’exploitation. Il a livré nombre de films nantis de titres aussi attirants que SHE DEVILS IN CHAIN, VAMPIRE HOOKER, NAKED VENGEANCE ou encore THE DEVASTATOR. Il réalise et scénarise ce film, clairement ancré dans la blaxploitation. Il regroupe pour ce faire un joli casting d’actrices magnifiques, avec Jeannie Bell, Rosanne Keaton, Trina Parks et Jayne Kennedy. Elles sont toutes inoubliables, aussi belles que bad ass dans ce film. « Le chat qui fume », spécialisé dans le cinéma bis, édite cette oeuvre au sein de la collection Action girl, particulièrement bien choisie.

THE MUTHERS est le nom du bateau dirigée par notre fière capitaine pirate. Et, si l’histoire n’est pas très originale et plutôt prévisible, le réalisateur et scénariste compense en mettant beaucoup d’action, énormément de cruauté, et une touche d’érotisme.
Ainsi, les infiltrées sont bad-ass en diable, et doivent faire face à un méchant particulièrement charismatique et abominable, qui n’hésite pas à œuvrer dans la torture, ou à cabotiner lors de discours enflammés et menaçants devant ses prisonnières (l’acteur semble beaucoup s’amuser). Le film alterne donc séquences de prison de femme et d’esclavage (dans la plus pure tradition des films de genre), courses-poursuites dans la jungle et tortures diverses, avec des dialogues sur le mode de la détermination et du refus d’abandon. Puis, lors d’un long final, il se laissera aller à de nombreux combats avec armes diverses, embuscades, trahisons et autre.
Le cocktail est certes classique, mais se regarde avec plaisir. Entre le charisme des actrices principales, le manque de longueur (le film dure ainsi une heure vingt), et les combats, le spectateur peut se laisser aller à un petit plaisir qui ne renouvelle certes pas le genre, mais qui offre tout ce qu’on peut souhaiter avec ce type de pépite.
Les chorégraphies des bagarres sont plutôt simples, et pas toujours bien réalisées. De même, les fusillades ne s’embarrassent pas d’impacts de balles ou autre, mais l’ambiance intéressante du film et son honnêteté se révèlent communicatives. La réalisation ne dévoile en effet jamais de grands mouvements de caméra, ou d’une recherche dans son cadrage, mais le réalisateur et scénariste semble heureux de filmer cette histoire, et le fait avec une sincérité touchante, qui ne peut qu’emmener ses spectateurs dans son sillage. D’autant que l’ambiance de piraterie féminine n’est pas si souvent représentée dans le cinéma de genre.
THE MUTHERS est ainsi un film honnête, certes pas dénué de défauts, mais qui ne peut que plaire à l’amateur de cinéma bis, qui découvrira une série B des plus fréquentable.


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Article rédigé par Yannik Vanesse

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