Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Very Bad Deal

Un texte signé Éric Peretti

Nationalité
USA
Année de production

2009
Réalisation

Parviz Saghizadeh
Titres alternatifs

Road of no Return
Interprètes

Michael Blain-Rozgay, Ernest Anthony, Michael Madsen, David Carradine, Shane Woodson, Carlie Westerman, Sandy Kanan, Jose Andrews, Monty Jordan, Boo Arnold

Il y a des films que l’on a envie d’aimer, sans les avoir vu, juste en se basant sur leur titre, un visuel publicitaire ou un bref résumé. ROAD OF NO RETURN est de ceux-là avec son affiche faisant la part belle à deux gueules charismatiques de la série B et son appellation qui éradique d’entrée tout espoir. Quant au pitch, il est assez accrocheur et nous promet d’assister à l’élimination de trafiquants de drogues par un groupe de tueurs à gages. Hélas, le film n’est pas vraiment à la hauteur de l’attente et bon nombre de spectateurs auront l’impression d’avoir réalisé au sens propre ce que prédit le titre français de l’œuvre : un VERY BAD DEAL.
Quatre hommes, qui ne se connaissent pas, sont recrutés pour une mission bien particulière par une mystérieuse organisation. Ils doivent éliminer des trafiquants de drogues, prendre des photos des cadavres et ramener si possible des listes de complices à leur commendataire. Ces assassins sont en fait manipulés par des dirigeants de la D.E.A., l’organisme fédéral de lutte contre la drogue, qui a l’autorisation d’employer des professionnels afin d’optimiser le combat contre les narcotrafiquants. Bien évidemment les choses ne se passent pas comme prévues et les agents gouvernementaux décident de se débarrasser de ces encombrants et illégitimes subalternes…
Petit budget, le film souffre en fait bien plus de son scénario qui n’arrive pas à se détacher des codes du néo polar, genre lancé à la face du public au début des années 90 par Quentin Tarantino. L’ombre envahissante de sa plume concise en matière de dialogues plane sur tout le film alors que le cinéphile bavard n’est nullement impliqué dans le projet. C’est ainsi que nos tueurs discutent de tout et de rien, dissertent sur du vent alors que les situations les plus improbables se déroulent autour d’eux. A cela, viennent encore s’ajouter quelques clichés éculés pour achever le tableau et faire basculer le film dans une parodie involontairement drôle où l’on se surprend à rire, mais pas toujours après un bon mot.
Du côté des tueurs on retrouve un basané barbu et philosophe, censé venir du Moyen Orient, qui fait gentiment la leçon à tout le monde alors qu’il est lui-même accroc à la coke. Le black de service est bien un voyou du ghetto, qui tient son flingue de travers, mais qui étudie les maths pour tenter de s’en sortir. Il y a aussi un indien zen, un rien en retrait, et l’inévitable bouseux américain qui dissimule son manque de matière grise derrière un racisme de cours d’école. La mère de ce dernier débarque soudainement dans la planque du quatuor, histoire de faire le ménage et de veiller à ce que son rejeton s’alimente correctement.
Quant à Michael Madsen et David Carradine, coproducteurs mis en avant sur l’affiche, ils se contentent d’endosser le rôle des agents de la D.E.A. et, à défaut de participer pleinement à l’action, profèrent des menaces jouissives. Cruelle déception pour tous ceux qui espéraient voir les frangins mélancoliques de KILL BILL refaire équipe pour dessouder du dealer, ou tout simplement se livrer une guerre sans merci.
Cinéaste sous trop forte influence, Parviz Saghizadeh, également auteur du scénario, rate donc le coche pour son premier long métrage. Privé de sa personnalité propre, VERY BAD DEAL n’arrive jamais à trouver un équilibre et, en dépit d’idées intéressantes et de scènes courageuses comme celles se soldant par la mort d’enfants, laisse une énorme impression de gâchis, ce qui risque bien de l’envoyer végéter au rayon des navets juste bons à régaler les amateurs du genre.


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Article rédigé par Éric Peretti

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