Hellraiser 3 : L’enfer sur Terre

Alors qu’un propriétaire de night-club achète une étrange sculpture, une journaliste entre en possession de la boite-puzzle. De cette manière, pendant que cette dernière apprend l’existence des Cénobites, le fameux Pinhead s’ingénie à compromettre ledit propriétaire dans un macabre accord pour sortir de son carcan.

Premier opus de la saga provenant du studio Miramax, cet ENFER SUR TERRE (HELL ON EARTH) se veut bien un HELLRAISER numéro 3 et non un HELLRAISER 3e partie. Une subtilité qui, l’air de rien, mérite plus ample explication afin d’apprécier cet opus à sa juste valeur.

En effet, alors que les deux premiers provenaient du circuit indépendant (dans la liste des studios impliqués, on trouve New World Pictures, autrefois géré par Roger Corman), celui-ci est le premier de la franchise à sortir de Miramax/Dimension Films, d’où sortiront plus tard les SCREAM. Ceci explique déjà la différence de tonalité entre le diptyque LE PACTE/LES ECORCHES (qui se voient comme une histoire en deux parties) et cet ENFER SUR TERRE qui a l’allure d’un film d’exploitation, avec un lien particulièrement infime avec les opus précédents.

Pour preuve de cet état, il suffit de constater l’écart de la direction artistique (autrement dit, la photographie et la mise en scène) entre ce number 3 et les deux premiers. D’un côté, LE PACTE / LES ECORCHES avaient une saveur typique année 80, dans les maquillages et les effets mécaniques, ce qui est peu surprenant puisque Tony Randell, le réalisateur du film LES ECORCHES, a également occupé le poste de responsable des effets visuels sur LE PACTE. De l’autre, L’ENFER SUR TERRE a une image plus policée, trahissant un budget moindre, et cela, le réalisateur Anthony Hickox (WAXWORK 2, WARLOCK 2) le mentionnait lui-même durant la période de promotion.

Quant à l’histoire, il s’agit d’une simple variation du PACTE : le fil rouge sur le sarcophage s’avère être un copié-collé de la boite-puzzle du premier volet, avec Pinhead promettant monts et merveilles au propriétaire actuel pour sortir de son carcan. Les quelques différences sont, d’une part, que l’action se déroule ici à New York et non dans un quartier résidentiel anglais, et, d’autre part, avec l’enquête de la journaliste, incarnée par Terry Farrell (alias Dax dans STAR TREK : DEEP SPACE NINE). Celle-ci fait le rapprochement avec la mythologie des deux premiers opus et, surtout, est visitée, dans ses rêves, par la forme humaine de Pinhead, le capitaine Elliot Spencer. Ce qui nous vaut quelques pauses oniriques, comptant parmi les meilleurs moments du film.

Dès lors, bien loin d’une conclusion à une apparente trilogie, ce HELLRAISER 3 souffre d’un flagrant manque de budget et d’un nivellement par le bas de ses ambitions : le sous-titre promet quand même l’Apocalypse alors que l’histoire impacte à peine… un quartier de New York. On peut très bien se contenter de quelques visuels inédits (le look des nouveaux Cénobites) et de fulgurances (l’arrivée de Pinhead dans le night-club) qui permettent à l’ensemble de garder un niveau correct, mais cela reste maigre.