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The Ghoul

Un texte signé Nattie Descamps

Nationalité
Angleterre
Année de production

1933
Réalisation

T. Hayes Hunter
Titres alternatifs

Le fantôme vivant
Interprètes

Boris karloff; Cédric Hardwicke ; Ernest Thesiger; Dorothy Hyson; Anthony Bushell

Attention! Voici un film considéré pendant des années perdu corps et bien, retrouvé par miracle puis restauré en 2000 ! Le premier film d’horreur anglais, une production raffinée faite maison. THE GHOUL, interprété par Boris Karloff, anglais de naissance, et acteur dans THE MUMMIE de Karl Freund (1932), cherche à concurrencer les films hollywoodiens.
Un égyptologue, le professeur Morlant, revient d’entre les morts venger le vol d’une précieuse amulette, la Lumière Eternelle, censée lui garantir l’immortalité. Le film débute par son agonie. Notre égyptologue fanatique refuse les sacrements chrétiens : il choisit de se faire enterrer selon un ancien rite païen. Dès les premières scènes, le spectateur est saisit à la gorge par l’atmosphère lugubre et glacée: le scénario s’attarde sur l’intransigeance de Morlant et sa folie. Défiguré par une mystérieuse maladie, Boris Karloff, hideux à souhait, attend la mort censée le libérer.
L’atmosphère horrifique est très réussie, grâce à des éclairages expressionnistes soignés et de magnifiques décors gothiques. Boris Karloff, surtout, campe avec brio cet homme mu par des passions destructrices.
Cependant, rien ne se passe pas comme prévu : une fois enterré, et la tombe violée, le bijou de l’immortalité se retrouve au centre de toutes les convoitises. Le fidèle serviteur de Morlant, le seul en qui il ait confiance, vole et cache le bijou. Mais, il est suivi par un autre homme, qui traque lui aussi la Lumière Eternelle…A partir de ce moment, le scénario introduit de nombreux personnages secondaires. Il y a un notaire, un pasteur, le neveu et la nièce du professeur Morlant, une amie de cette dernière… Les protagonistes se croisent et se recroisent dans le somptueux manoir, un jeu qui finit par agacer et nous perdre. Rien à voir avec la malédiction du pharaon amoureux et les finesses de l’intrigue de THE MUMMIE.
Le film s’éloigne des conventions du genre et se disperse dans des personnages secondaires superficiels pour lesquels on ne ressent aucune empathie. Et ressemble plus à un jeu de cache-cache policier. Quand le professeur Morlant sort enfin de sa tombe, furieux qu’on lui ait retiré sa promesse d’éternité, le spectateur retrouve un sentiment d’angoisse et d’horreur, hélas désamorcé par un parti pris curieux et inattendu de comédie. De même, le doute qui est laissé sur la condition de mort vivant de Morlant, est complètement désavoué par une fin qui privilégie l’explication médicale rationnelle. On est très loin du doute savamment distillé dans le magnifique I WALKED WITH A ZOMBI (1943) de Jacques Tourneur. La dénonciation de la superstition qui permet d’être manipuler à travers une intrigue policière renvoie plutôt au machiavélique LA MARQUE DU VAMPIRE de Tod Browning (1935) : la superstition sert elle au serviteur pour manipuler son maître et s’emparer du joyau pour lequel il a donné la moitié de sa fortune ???
En fait, le matérialisme brutal des personnages est le véritable moteur du film. Et il plonge le film dans une ambiance glaciale. On comprend le manque de succès du film à sa sortie pour un public avide de monstres. THE GHOUL reste un objet curieux pour sa construction, sa volonté maladroite de mélanger tous les genres. Et fascinant pour Boris Karloff, aussi bien capable de faire surgir l’émotion que l’angoisse. La fin est magistrale, quand, lépreux touchant, émouvant banni aux yeux des hommes et de dieu, il supplie Anubis de répondre à son vœu, avant de s’écrouler, mort et -on lui souhaite- libéré. Le doute s’efface comme si jamais il n’avait été permis. Au spectateur de considérer si c’est une déception ou un attrait…


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Article rédigé par Nattie Descamps

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