Au sommaire de Sueurs Froides 37 :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

Faites-vous plaisir et soutenez le site en commandant - Cliquez sur la bannière :

Si c'est déjà fait, continuez votre lecture avec...

La Fille du Dr Jekyll

Un texte signé Frédéric Pizzoferrato

Nationalité
USA
Année de production

1957
Réalisation

Edgar G. Ulmer
Titres alternatifs

Daughter of Dr. Jekyll
Interprètes

Gloria Talbott, John Agar, Arthur Shields, John Dierkes

Les grands méchants du cinéma horrifiques mourant souvent précocement (et ne pouvant donc revenir dans les séquelles), les scénaristes ont rapidement compris qu’il était vital de leur offrir une descendance pour perpétuer leur souvenir dans la mémoire collective. Au fil du temps nous eûmes ainsi droit, en vrac, à SON OF DRACULA, LA FILLE DE DRACULA, LE FILS DE FRANKENSTEIN, LA FILLE DE JACK L’EVENTREUR et bien d’autres, dont un SON OF DR JEKYLL datant de 1951.
Dans cette lignée se trouve également cette FILLE DU DR JEKYLL, réalisé en 1957 par Edgar G. Ulmer. Surtout réputé pour sa version du CHAT NOIR d’Edgar Allan Poe opposant Bela Lugosi et Boris Karloff, le cinéaste signa également, en 1945, un classique du thriller de série B avec DETOUR. Sans approcher de ces deux réussites, LA FILLE DU DR JEKYLL se montre néanmoins suffisamment intéressant pour justifier une vision, même si l’amateur n’y trouvera rien de particulièrement mémorable.
Le scénario, qui en rappelle bien d’autres, se montre d’un classicisme éprouvé : une jeune femme sur le point de se marier, Janet Smith, apprend la vérité sur ses origines et sombre pratiquement dans la folie. En effet, la demoiselle serait la fille du redoutable Dr Jekyll, lequel, en usant de drogues, étaient parvenu à scinder en deux sa personnalité, séparant le bien du mal et devenant une redoutable créature. Alors que des crimes ensanglantent la région, la belle héritière commence à craindre d’être, elle aussi, un loup-garou…
LA FILLE DU DR JEKYLL constitue un honnête divertissement au charme suranné cependant entaché de maladresses et d’idées saugrenues. La première est certainement de transformer le Dr Jekyll en une sorte de loup-garou un peu vampire sur les bords puisqu’il se nourrit de sang et que les villageois craignent de le voir, la nuit, quitter son tombeau pour hanter les vivants. Ceci posé il parait assez improbable que la fille du monstre ait pu hériter de la « malédiction » puisque c’est l’usage de drogues qui transformait le bon docteur en son terrible alter ego Mr Hyde. Le spectateur s’attend évidemment à un twist et, effectivement, celui-ci finit par arriver et ne surprendra guère les habitués du genre. L’intrigue utilise en effet un retournement de situation assez commun aux productions horrifiques des années 30 et 40 et rappelle fortement SHE WOLF OF LONDON au déroulement fort similaire. L’identité du véritable coupable parait elle-aussi évidente mais permet l’une ou l’autre scène assez divertissante montrant le monstre attaquer ses victimes, le visage dissimulé sous un lourd grimage. Les maquillages et effets spéciaux, d’ailleurs, sont assez peu réussis, même en tenant compte de l’âge du film et certaines séquences voulues humoristiques (une mauvaise habitude de l’épouvante de « l’âge d’or ») tranchent avec le sérieux du reste de l’entreprise.
Le casting, pour sa part, nous propose Gloria Talbott (vue dans I MARRIED A MONSTER FROM OUTER SPACE – quel titre!) dans le rôle principal aux côtés de John Agar, figure bien connue du bis (TARANTULA, LE CERVEAU DE LA PLANETE AROUS, mais aussi LA CHARGE HEROÏQUE de John Ford) et Arthur Shields.
Si cette petite série B n’offre rien de particulièrement nouveau aux amateurs du genre, les séquences de cauchemars possèdent cependant une réelle efficacité et utilisent une atmosphère surréelle couplée à une musique très « spatiale » du plus bel effet. Pas suffisant pour emporter totalement l’adhésion mais cela suffit à rendre agréable la vision du métrage de Ulmer, lequel se soucie moins d’offrir une véritable suite au récit de Stevenson, déjà plusieurs fois adaptés à l’époque, que de mixer les mythologies pour créer une œuvre fourre-tout mais sympathique.
En résumé, LA FILLE DU DR JEKYLL n’est en rien un classique oublié du fantastique mais son curieux mélange de différents mythes et légendes (Jekyll, loup-garou, vampire, tout y passe !) en fait néanmoins une entreprise distrayante dont la courte durée (à peine 70 minutes) constitue un avantage certain.


Cher lecteur, nous avons besoin de votre retour. Au choix :
=> Pour rester en contact, abonnez-vous à la newsletter.
=> Pour soutenir financièrement notre éditeur Sin'Art, faites un don de 5 ou 10 euros.
=> Vous pouvez aquérir aussi pour 8,80 € le n°37 de Sueurs Froides au format papier

Vous appréciez notre travail, c’est important pour nous motiver à continuer. Merci !

=> Au-delà de notre site...


Article rédigé par Frédéric Pizzoferrato

Ses films préférés - Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


Jetez un oeil à ce que font nos partenaires :