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13 Assassins

Un texte signé Frédéric Pizzoferrato

Nationalité
Japon
Année de production

2010
Réalisation

Takashi Miike
Titres alternatifs

Jûsan-nin no shikaku
Interprètes

Kôji Yakusho, Takayuki Yamada, Yûsuke Iseya, Gorô Inagaki

Takashi Miike est un cas, un vrai. Débutant sa carrière en 1992, le cinéaste, alors âgé de 30 ans, signe une quinzaine de long-métrages au cours de la décennie, qu’il termine avec deux de ses plus gros succès, AUDITION et DEAD OR ALIVE. Au cours des années 2000, Takashi Miike, loin de freiner son rythme, s’emballe totalement et aligne près de cinquante (!) films, abordant tous les genres, de l’épouvante asiatique (LA MORT EN LIGNE) à la comédie musicale (LA MELODIE DU MALHEUR) en passant par l’expérimentation trash (VISTOR Q) et l’hommage déjanté au western spaghetti (SUKIYAKI WESTERN DJANGO). Une frénésie où le réussi côtoie fatalement le poussif, ce qui n’empêche pas la réputation de Miike de croitre, y compris auprès de la critique dite « sérieuse » qui lui accorde sa reconnaissance et l’accueille dans des événements cinématographiques prestigieux comme le Festival de Cannes.
Avec 13 ASSASSINS, Miike, pour sa quatre-vingtième (!) mise en scène, s’empare du classique homonyme, quelque peu oublié, réalisé en 1963 par Eiichi Kudo. Alors que chacun s’attendait à voir Miike violer brutalement le matériel de base, le cinéaste surprend et adopte, au contraire, un ton posé qui joue la carte de la fidélité respectueuse envers l’œuvre initiale. D’après les connaisseurs, la version 2010 reprend d’ailleurs, quasiment à l’identique, toutes les péripéties de celle de 1963, d’où une présentation, un peu longuette, des différents protagonistes durant les 70 premières minutes. Si le cinéaste offre une certaine caractérisation, certes sommaire mais appréciable, à ses treize « assassins » et brosse un tableau peu reluisant des autorités japonaises du milieu du XIXème siècle, difficile de ne pas trouver cette première partie languissante et exagérément bavarde.
Ensuite, durant pratiquement trois quart d’heures, Miike se laisse aller à un affrontement plein de fouge et de rage, les samouraïs combattant à grands coups de sabre dans de belles éclaboussures écarlates. Sans sombrer dans l’outrance, les duels se révèlent sanglants et énergiques, succession de joutes brutales dans un village transformé en champ de bataille pour un énorme carnage. « Nous ferons de cet endroit le village de la mort » déclare d’ailleurs un des fiers guerriers juste avant que s’abatte une incroyable tempête de sang et d’acier. Cette belle démonstration de cinéma se suit avec un vif plaisir en dépit du côté répétitif des affrontements successifs. Mais, par sa maestria, Miike emporte le morceau et offre un grand spectacle dans lequel les héros luttent pratiquement à un contre vingt sans jamais baisser les bras et encore moins les sabres.
Probablement trop long et déséquilibré (la première heure manque cruellement d’action) pour pleinement convaincre, 13 ASSASSINS reste cependant un métrage divertissant et globalement satisfaisant qui devrait plaire aux amateurs d’aventure martiale épique et sanglante.

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2011.


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Article rédigé par Frédéric Pizzoferrato

Ses films préférés - Edward aux Mains d’Argent, Rocky Horror Picture Show, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, The Killer


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