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John vient de se faire plaquer par sa copine Ingrid. Pour lui, la rupture est brutale et difficile à digérer. Dans l’ascenseur, il fait la connaissance d’Anne qui lui demande de venir donner un coup de main dans son appartement. Sur place, il rencontre une autre locataire, Kim. Les deux jeunes filles le titillent et ses pensées sont troublées par les deux femmes. Mais la réalité va se monter toute autre…
Le fantastique norvégien est tellement rare que la sortie d’un film ne peut qu’attiser la curiosité du cinéphile averti. D’une durée relativement courte (environ 75 min.), Next door (son titre d’exploitation pour l’exportation puisque, à l’origine, le film est connu sous le titre Naboer) développe un scénario tordu explorant les méandres psychologiques d’un jeune homme malmené par une séparation qu’il estime injuste. En fait, John apparaît comme un être tourmenté, fragile et hanté par un souvenir traumatisant qu’il tente d’expier ou d’éviter en inventant des personnages et des situations. Si l’on exclut le final prévisible, Next door installe une ambiance étouffante et claustrophobique (le film se passe en grand partie dans les logements ou dans les couloirs de l’immeuble). L’appartement voisin où vivent les deux filles est un véritable labyrinthe où l’on se perd rapidement tout comme John, égaré dans les dédales à la recherche d’une vérité qu’il refuse de voir. De même, les décors sont épurés, bizarrement agencés et bordéliques tandis que les couloirs sont austères où seuls les murs d’une couleur déprimante conduisent John vers une fin inéluctable. Finalement, John est fou, fou d’Ingrid qu’il pensait avoir pour la vie. Elle a plutôt peur de lui (elle vient chercher ses affaires accompagnée d’un ami) depuis que celui-ci lui a versé sur le bras du café bouillant. Bien sûr, il s’en défend, prétextant l’accident mais le doute est bel et bien là ! La froideur du métrage s’en ressent jusqu’au personnage de John peinant à exprimer ses sentiments sauf envers Kim, une bien étrange nana. Une séquence mémorable entre eux deux fait basculer le spectateur dans l’expectative. Kim est assise dans une pièce étroite sur un canapé. Habillée de façon provocante, elle laisse volontiers apparaître ses dessous à John placé en face d’elle. Elle propose de lui raconter une histoire où une femme se fait prendre par trois hommes en même temps. Kim ne raconte pas, elle la joue, excitant sans problème son interlocuteur. Puis, elle l’invite à s’asseoir à ses côtés et là, ça décolle net. Ils se caressent mutuellement et sans prévenir, elle lui colle une bonne claque suivie d’une autre. John, excédé, lui rend la monnaie. Elle pisse le sang et se tartine le visage et les seins du liquide rouge. Et la besogne reprend et c’est un festival de coups de poing auquel nous sommes conviés. Les visages tuméfiés, Kim et John arrivent tout de même à copuler avec une rare frénésie. Séquence forte où sexe et sang font bon ménage et d’une belle intensité. Après un tel intermède, Next door ne lâche plus le spectateur même s’il se doute de l’issue. Si le dénouement est classique, Next door mérite pour ses nombreuses qualités d’être vu. Outre son ambiance glaciale et décérébrée, l’interprétation est à la hauteur. L’acteur incarnant John est parfait et son visage angélique et doux cache bien un être passablement dérangé des neurones. Il se moule avec intelligence tout comme ses collègues féminins, toutes parfaites. S’il y a un metteur à suivre, c’est bien Pal Sletaune car après cet essai prometteur, on a tout à espérer pour l’avenir.
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Article rédigé par Jean-Sébastien Gaboury
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