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De si gentils petits… monstres ! est un film d’horreur des années 80 réalisé par Max Kalmanowicz. Jouant avec l’innocence des enfants, il les transforme en monstres plus effroyables encore que les croquemitaines des slashers.
Une fuite de produits toxiques provenant de la centrale nucléaire qui alimente en électricité la région se produit. Une fumée jaune toxique s’en échappe et un car scolaire, transportant des enfants rentrant de l’école, s’y enfonce. Le shérif, alerté par la disparition des enfants, se lance à leur recherche. Pensant initialement à une fugue ou à un enlèvement, il sollicite l’aide des parents inquiets, car les ressources de son département sont limitées. Ils se rendent rapidement compte que les enfants pourraient être le danger, plutôt que d’être en danger. En effet, tous ceux qui ont croisé leur chemin ont fini brûlés vifs. Mais comment soupçonner ces enfants en apparence si innocents d’atrocités aussi meurtrières ?


Le réalisateur Max Kalmanowicz a souhaité susciter la peur chez le spectateur en utilisant des enfants en apparence innocents. En effet, quel parent se méfierait de sa propre progéniture ? Le film joue avec ce tabou, omniprésent dans les films d’horreur américains, à savoir la diabolisation des enfants. Bien que certains films aient déjà exploré ce thème, tels que “L’Exorciste” de William Friedkin, “Le Village des damnés” de John Carpenter, “La Malédiction” de Richard Donner ou “Les Démons du maïs” de Fritz Kiersch, “De si gentils petits… monstres !” contribue à briser ce tabou avec succès.
Un accident nucléaire aux étranges répercutions
Le film aborde également une autre peur de l’époque, toujours présente aujourd’hui : le nucléaire. Bien que l’incident de Tchernobyl n’ait pas encore eu lieu, les Américains étaient inquiets en raison de quelques incidents survenus. C’est d’ailleurs l’un de ces incidents qui a inspiré le réalisateur pour créer le film. La véritable centrale nucléaire utilisée comme lieu de tournage a d’ailleurs depuis été fermée.


Avec un budget limité, le tournage a eu lieu dans des lieux naturels du New Jersey pour le diner en préfabriqué des années 50, dans le Massachusetts pour le cimetière près de la route où s’arrête le bus, offrant une scène faisant référence à “La Nuit des morts-vivants”, et enfin à Great Barringtown pour les cottages où résident les parents des différents enfants. La ville fictive de Ravenshack, où se déroulent les événements, paraît étrange avec ses cottages et sa villa, habités par des familles relativement aisées, tandis que les forces de police et les différents commerces semblent avoir des ressources financières plus limitées.
Le film devait initialement être intitulé “Ravenshack”, mais étant donné qu’un camp de concentration portait un nom aux sonorités assez proches, la production a préféré choisir un titre plus sobre et évocateur : “The Children”. Comme c’était souvent le cas à l’époque, la version française a encore poussé plus loin avec le titre “De si gentils petits… monstres !”.
Une production ingénieuse
Une autre originalité du film réside dans le maquillage des enfants transformés en monstres avides de câlins. Leur teint blafard, leurs yeux noirs et leurs ongles noircis, ainsi que leur grand sourire, peuvent sembler touchants, mais ils s’avèrent totalement effrayants lorsqu’ils commettent des meurtres horribles. Ce qui rend le film encore plus iconique, ce sont ces sourires figés alors que les enfants monstrueux, aux mouvements raides, répètent inlassablement “maman”. On peut saluer la prestation des jeunes comédiens, qui ne sont pas des acteurs professionnels, mais les enfants de l’équipe de tournage !


Une autre qualité du film est sa capacité à tirer parti de son budget limité. Au lieu de multiplier les effets spéciaux qui, sans budget suffisant, peuvent sembler de qualité médiocre à l’écran, le réalisateur choisit de suggérer plutôt que de montrer explicitement les mises à mort des enfants. Cette absence de visuel renforce l’horreur du film en laissant le hors champ se prolonger inexorablement, tandis que les sons n’épargnent pas le spectateur.
Enfin, on peut noter l’évidente référence au film culte de George Romero, “La Nuit des morts-vivants”, que ce soit dans la gestuelle des enfants, leur maquillage, mais aussi dans la manière de les filmer de dos au milieu des bois, s’approchant discrètement de leurs victimes, ou encore dans la scène envoûtante du cimetière.
Malgré son petit budget, “De si gentils petits… monstres !” est une réussite.
TEST DU BLU-RAY/DVD
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Le Blu-ray édité par Pulse vidéo reprend le master restauré par Vinegar Syndrome à partir du négatif 35mm original. Il propose également une piste audio française d’époque ainsi que des sous-titres pour la piste originale. La qualité de l’image est aussi belle que possible. Ceux qui ont eu l’occasion de voir le film en pellicule savent qu’il était très abîmé. Par conséquent, malgré les efforts, certaines scènes conservent une légère teinte rosée. Cependant, la piste sonore est en parfait état. Enfin, un petit détail intéressant, la jaquette du Blu-ray est réversible ! Points positifs : Points négatifs : => Achetez chez notre partenaire Metaluna=> Spécificités du DVD/Bluray sur le site de Sin'Art |
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite











