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La nunsploitation ferait-elle son grand retour ? Oui et non car LA NONNE s’apparente tout de même plus à un slasher plein de chair fraîche (et moins fraîche, pour une fois) à massacrer à tour de rôle. Produit par Julio Fernandez et Brian Yuzna, les deux ténors de la défunte Fantastic Factory, le film a, a priori, toutes les cartes en main pour offrir un petit morceau de bravoure avec un grand B.
Mais qu’en est-il après visionnage ? La réputation désastreuse du film est-elle justifiée ?
Six jeunes lycéennes, toutes pensionnaires dans un établissement catholique espagnol subissent les humiliations et le harcèlement continu d’une nonne particulièrement coriace. Mais le jour où l’une d’elles, tombée enceinte, est torturée par cette même nonne au prétexte de la « purifier », les cinq autres décident de mettre fin aux agissements de la Sœur en employant la manière forte.
17 ans plus tard, alors qu’elles se sont toutes dispersées sur la planète, les lycéennes devenues femmes doivent se rendre à l’évidence : deux d’entre elles ont été assassinées par cette même nonne qu’elles avaient pourtant fait disparaître.
Aidées par la fille de l’une de leurs défuntes amies, elles retournent en Espagne affronter leur passé dans leur ancien lycée.
De ce pitch relativement classique mais de prime abord solide, imaginé de surcroît par Jaume Balaguero (FRAGILE), il ne reste malheureusement pas grand-chose. D’un point de vue technique, LA NONNE est soigné : une photographie léchée, des effets spéciaux réussis auxquels vient s’ajouter un croque-mitaine effrayant.
Toutefois, le scénario est empli de clichés, et sa réalisation beaucoup trop paresseuse. Le film perd vite toute sa crédibilité.
Flirtant avec des productions pour adolescents propres sur eux comme SOUVIENS-TOI L’ÉTÉ DERNIER, LA NONNE est un film sans saveur ni odeur, sans aucune aspérité et ne fait que glisser sur les yeux pour mieux s’enfoncer dans l’oubli.
Tout ou presque a déjà été vu. Seuls deux effets gores rudement sympathiques soutiennent l’attention d’un spectateur qui a en permanence vingt minutes d’avance sur des protagonistes évoluant en roue libre.
Aucune tension ni réel moment de suspense ne viennent rehausser l’intérêt pour l’intrigue. D’autant que le traitement affligé sent furieusement le réchauffé.
Les apparitions de la nonne font preuve d’un classicisme sans fard pour ne pas dire qu’elles ont été vues ailleurs et en mieux. Seule petite originalité : la nonne apparaissant par le biais des arrivées d’eau de cuisine ou de salle de bain, une séquence la montre sortant d’une cuvette des WC…
Ainsi, le film enchaîne meurtres et questions existentielles sur les erreurs du passé à une allure trop tranquille sans jamais apporter un regard neuf ou original.
Et le pire arrive à la fin, lors d’un climax d’une platitude proprement incroyable, un twist est offert en guise de récompense au spectateur toujours éveillé.
En plus de tomber comme un cheveu sur la soupe, ce retournement de situation est tout bonnement illogique et ne raccorde pas avec tout ce qui précède.
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Article rédigé par Nassim Ben Allal
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