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La nuit la plus longue

Un texte signé Philippe Delvaux

Nationalité
France
Année de production

1965
Réalisation

José Benazeraf
Titres alternatifs

L’enfer dans la peau, Sexus, Sixus
Interprètes

Willy Braque, Yves Duffaut, Annie Josse, Virginie Solenn, Alain Tissier

Une jeune femme est enlevée par des gangsters et séquestrée dans une maison isolée à la campagne, dans l’attente du versement de sa rançon. Elle devra patienter toute une nuit pour savoir si elle sera relâchée ou si ses ravisseurs se débarrasseront d’elle. Commence alors la nuit la plus longue.

LA NUIT LA PLUS LONGUE est le quatrième film d’une carrière entamée à peine deux ans plus tôt. Tourné en noir et blanc, destiné au circuit du Midi Minuit et affiliés, le résultat étonne par son rythme dont on pourrait trouver des résonnances avec la Nouvelle Vague alors à son apogée. Les atours policiers, et surtout les séquences de strip-tease empêcheront cependant Benazeraf de pénétrer le monde du cinéma « respectable ». Exploitants, critiques et public de l’époque le maintiendront dans le ghetto du cinéma d’exploitation. Dommage car son œuvre a su développer des accents spécifiques originaux.

Ici, c’est l’étirement temporel qui se trouve au centre du rythme. La nuit la plus longue porte bien son titre puisqu’on y mesure l’attente des gangsters et de leur captive. Attente le plus souvent désœuvrée et à laquelle fait écho le tic tac obsédant d’une horloge, véritable protagoniste du film.

Virginie, l’héroïne, va devoir sauver sa peau toute seule et pour ce faire fera se monter les uns contre les autres ses ravisseurs avant de nouer une idylle sans lendemain avec le dernier d’entre eux.

Les amateurs de jazz se délecteront d’une partition jouée par Chet Baker. Jazz, malfrats, temporalité étirée, femme fatale, tout se tient.

A l’instar d’Hitchcock, Benazeraf apparaît dans son film, comme commanditaire de l’enlèvement, dans une séquence de bar louche révélant un strip-tease de domination lesbienne. Un genre de scène faisant illico condamner le film par la morale de l’époque.

Presque tous les films de la première carrière de Benazeraf ont connu deux titres d’exploitation. Au titre original (LA NUIT LA PLUS LONGUE) a été ajouté un titre principal (L’ENFER DANS LA PEAU), choisit par le premier exploitant (généralement Boublil, propriétaire du Midi-Minuit) et censé être plus accrocheur.

LA NUIT LA PLUS LONGUE est un film d’atmosphère, aux lenteurs régulièrement bousculées par des scènes d’action. Il a déconcerté une partie du public à l’époque et déconcertera encore ceux qui ne jurent que par le montage ultra rapide prisé depuis une vingtaine d’années.


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Article rédigé par Philippe Delvaux

Ses films préférés - Marquis, C’est Arrivé Près De Chez Vous, Princesse Mononoke, Sacré Graal, Conan le Barbare


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