Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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L’Arrière-train sifflera 3 fois

Un texte signé Éric Peretti

Nationalité
France
Année de production

1974
Réalisation

Jean-Marie Pallardy
Titres alternatifs

Lucky Lucky et les Daltines
Interprètes

Jean-Marie Pallardy, Willeke Van Ammelrooy, Jean Luisi, Alice Arno, Vera Valmont, Gilda Arancio, Gilbert Servien, Jean-Claude Strömme

Alors que RÈGLEMENTS DE FEMMES À OQ CORRAL, tourné dans le même laps de temps, avait la fesse terne, L’ARRIÈRE-TRAIN SIFFLERA 3 FOIS, film au titre parodique si facile que beaucoup doutent encore aujourd’hui de sa réalité, est un western paillard qui compte parmi les réussites de son auteur, l’ancien mannequin qui par ennui est devenu réalisateur, Jean-Marie Pallardy.
L’action se situe dans un petit village de l’Ouest américain où les affaires de Billy Le Bid (Jean Luisi), le proxénète local, sont plus que florissantes. En effet, la meilleure affaire du coin, Lulu (Alice Arno) travaille pour lui et sa réputation lui vaut d’avoir pour clients tous les hommes des alentours. Bien évidemment la ligue de vertu, menée par la bigote Maureen O’Lala, ne voit pas tout ceci d’un très bon œil et travaille à faire fermer ce lieu de débauche qu’est le saloon. C’est alors qu’arrive justement le nouveau propriétaire de l’endroit, un cow-boy solitaire nommé John Keykett (Jean-Marie Pallardy), bien décidé à faire fructifier son investissement en offrant à la population masculine ce qu’elle est en droit d’attendre d’un bon établissement de ce genre : des femmes et de l’alcool. Hélas, c’est à ce moment que Lulu est victime d’un accident de travail. Toujours prête à rendre service, la vaillante tapineuse se retrouve coincée lors d’une partie à trois et ne peut plus assurer ses fonctions. Épuisée par tant d’années de labeur, elle a besoin d’une pause et ne pourra reproposer ses services d’intérêt général que lorsque son arrière-train aura sifflé trois fois. Les clients frustrés cherchent alors hâtivement une solution pour pallier cette défection et ils envisagent de prendre des chèvres. Mais ces dernières risquant de manger l’herbe des vaches, l’idée est vite abandonnée. John Keykett décide alors d’aller à la recherche des Daltines, de redoutables baiseuses qui pourraient assouvir les besoins de la ville. Maureen O’Lala et l’institutrice Lucky Lucky (Willeke Van Ammelrooy), pourtant pas insensible au charme du beau cow-boy, profitent de son absence pour arrêter Billy et imposer un ordre moral des plus austères…
A l’heure où le western transalpin est à l’agonie et que Antonio Margheriti propose avec le parodique, mais assez peu rigolo, LA BRUTE, LE COLT ET LE KARATÉ un peu d’érotisme bon enfant pour beaucoup de mauvais kung-fu, Jean-Marie Pallardy n’y va pas avec le dos de la cuillère et nous offre de la bonne chair en abondance, accommodée d’un humour bien gras mais parfaitement digeste dans le contexte. Difficile de garder son sérieux face à cette histoire dénuée d’enjeu dramatique, dont les personnages se retrouvent dans des situations toutes plus farfelues les unes que les autres, à commencer par ce viol commis par des indiens… en file indienne. Quant au duel final qui oppose Keykett à Lucky Lucky, en plus de son aspect résolument misogyne, même si après plus d’une heure de film dans le même acabit ce n’est qu’un détail, il vient conclure en beauté le grand n’importe quoi amorcé depuis le début de l’entreprise.
Techniquement assez mal foutu, comme d’habitude chez Pallardy le montage laisse à désirer et le doublage sonore n’est pas toujours des plus réussis, L’ARRIÈRE-TRAIN SIFFLERA 3 FOIS reste une œuvre sympathique qui se laisse suivre sans ennui. Bref, le film est comme un petit bijou fantaisie vulgaire et voyant, qui ne rivalisera jamais avec les joyaux de la comédie érotique, mais que l’on peut malgré tout arborer fièrement pour défendre un cinéma aujourd’hui disparu.


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Article rédigé par Éric Peretti

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