Au sommaire du numéro 37 de Sueurs Froides :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Mikadroid : robokill beneath disco club Layla

Un texte signé Franck Boulègue

Nationalité
Japon
Année de production

1991
Réalisation

Satoo & Tomoo Haraguchi
Titres alternatifs

Mikadoroido
Interprètes

Hiroshi Atsumi, Sandayuu Dokumamushi, Yoriko Douguchi, Kenji Hayami, Kaizo Hayashi…

Voici un film qui, après quinze premières minutes extrêmement enthousiasmantes, sombre peu à peu dans une médiocrité qui ne provoque plus chez le spectateur atterré que de grands moments de somnolence, entrecoupés de rires convulsifs résultant de la dégaine de bibendum Michelin du « monstre » donnant son titre au métrage.
Durant la Seconde Guerre mondiale, donc, les japonais mènent un programme ultra-secret consistant à élaborer une flopée de « super soldats » devant les mener à la victoire contre les troupes américaines honnies. La défaite du pays se profilant toutefois à l’horizon, le gouvernement décide finalement d’effacer toute trace de ce projet extrêmement polémique, car n’hésitant pas à bafouer un des droits humains les plus élémentaire, celui de pouvoir bénéficier librement de son propre corps (les soldats ont pour ainsi dire été désignés volontaires !). Le scientifique en charge des recherches parvient cependant, avant d’être lui-même abattu par les militaires venus éradiquer son oeuvre, à laisser s’échapper deux spécimens génétiquement modifiés. Sans avoir eu le temps, néanmoins, de les doter de l’armure métallique – étrange croisement entre celle de Robocop, de Robbie le Robot (PLANETE INTERDITE) et du costume de bibendum Michelin susmentionné – sensée les métamorphoser en invincibles machines à tuer. Le troisième super soldat, qui a lui été correctement intégré à son armure, se retrouve pour sa part enseveli sous les décombres du lieu, qui s’écroule sur lui-même. Le laboratoire secret, situé dans le sous-sol tokyoïte, est laissé à l’abandon et les années passent. Plusieurs décennies s’écoulent alors, sans que rien ne vienne remuer les souvenirs de cette triste période de l’histoire nippone.
Un jour pourtant, un incident électrique ramène à la vie le monstre de métal, qui entreprend de s’offrir un joyeux « shoot them up » dans les couloirs d’un parking souterrain, situé sous une discothèque à l’esthétique rappelant furieusement le début des années 90. Le parking donne en effet sur le laboratoire désaffecté. Les malencontreux personnages qui se trouvent prisonniers dans cet environnement clos se transforment bientôt en cibles potentielles pour le soldat revenu à la vie, rapidement criblées de balles, découpées en rondelles, lors de séquences se voulant créatives (cf. la scène où une femme se fait mettre à nu par les multiples coups de poignard qui lui sont assénés par le Mikadroid : ils la lacèrent des pieds à la tête, la faisant tournoyer sur elle-même comme une toupie exhalant des perles de sang, qui la transforment en un amas de chair rougeâtre qui vient se plaquer contre un mur du parking, réalisant de la sorte, bien à son encontre, une peinture rappelant le travail d’Yves Klein).
Heureusement, les deux spécimens évoqués ci-dessus, ceux qui s’étaient évadés au moment de la destruction du laboratoire, sont également de retour. Ils viennent régler son compte à cet anachronisme assoiffé de sang, surgi d’un passé qui mérite de rester enfoui. Loin du Japon contemporain, celui de la paix, bâti sur les ruines du militarisme des années trente et quarante…
Tout commence bien dans ce film : le début, tourné dans un joli noir et blanc contrasté, crée une ambiance qui n’est pas sans rappeler celle de LA JETEE, le chef-d’œuvre de Chris Marker (qui inspirera L’ARMEE DES 12 SINGES de Terry Gilliam, plusieurs années plus tard). Le flot du récit est ainsi entrecoupé d’images fixes, qui confèrent au récit un côté bande dessinée du plus bel effet. On se prend à rêver de ce qu’aurait pu être MIKADROID si l’ensemble du film avait été réalisé de la sorte. Car la suite n’est pas à la hauteur de cette entrée en matière fracassante, c’est peu de le dire ! A la décharge du réalisateur, signalons toutefois qu’il s’agit là d’un « direct to video » au budget limité – on ne peut pas attendre des miracles quand les moyens ne suivent pas. Il aurait pourtant suffi de continuer sur la même ligne esthétique et le résultat se serait probablement avéré supérieur à ce qui nous est ici donné à voir.
Un grand « dommage ! » donc, car l’ouverture de MIKADROID laissait présager de fort belles choses, qui ne nous sont malheureusement jamais servies …


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Article rédigé par Franck Boulègue

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