Au sommaire de Sueurs Froides 37 :
Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Trog

Un texte signé Nassim Ben Allal

Nationalité
Angleterre
Année de production

1970
Réalisation

Freddie Francis
Interprètes

Joan Crawford, Michael Gough, Bernard Kay, Kim Braden

Chef opérateur émérite (on lui doit de nombreuses collaborations avec David Lynch), Freddie Francis a mené en parallèle à son travail de directeur photo, une carrière de réalisateur, essentiellement dans le film de genre. Auteur remarqué de L’EMPREINTE DE FRANKENSTEIN et de DRACULA ET LES FEMMES, il travaille également beaucoup pour la télévision avant de signer TROG en 1970. Capable du meilleur comme du pire et n’ayant jamais peur du ridicule (LA CHAIR DU DIABLE à peine sauvé par le duo Christopher Lee/Peter Cushing), Francis propose avec TROG un film de science-fiction aux intentions réalistes.
Alors qu’ils effectuent une descente dans une grotte, trois étudiants sont attaqués par une bête étrange, mi-homme, mi-singe. Capturée par le docteur Brockton, une anthropologue, cette créature humanoïde au faciès de singe va s’avérer être un troglodyte. Mais très vite, sa présence va semer le trouble au sein du petit village où officie l’anthropologue. Jugeant son existence dangereuse pour la vie de ses administrés, le maire va mettre en œuvre tous les moyens possibles pour s’en débarrasser.
Dernier long-métrage cinéma de la riche et intense filmographie de Joan Crawford, TROG est resté dans les annales comme l’un des pires films jamais tournés. Réalisé de manière très académique et fort de couleurs saturés façon technicolor, TROG semble visuellement tout droit sorti des années 1950. Incroyablement daté, même à l’époque de sa sortie, TROG a tout de l’OFNI (Objet Filmique Non Identifiable). Si trois scénaristes se sont succédés pour donner vie à cette histoire (dont Peter Bryan, scénariste pour la Hammer à qui l’on doit entre autres LE CHIEN DES BASKERVILLE), aucun n’a pris la peine d’ouvrir une encyclopédie pour crédibiliser un récit qui se veut réaliste. Ainsi, approximations historiques et scientifiques se succèdent et achèvent de couper le spectateur d’un film auquel il est déjà compliqué d’adhérer. Plombé par un rythme très lent et principalement handicapé par le look atroce du troglodyte en question (un masque de singe de 2001, L’ODYSSEE DE L’ESPACE recyclé et combiné à une peau de mouton teinte), TROG répète à l’infini les mêmes séquences pseudo-scientifiques destinées à éveiller le troglodyte à notre culture d’humains civilisés (on le fait jouer à la poupée, il écoute de la musique classique). Dés lors, le peu d’intérêt suscité par la découverte d’un tel être est irrémédiablement gommée, le point d’orgue étant la séquence au cours de laquelle les scientifiques « lisent » dans la mémoire de TROG : on découvre alors un long flashback où apparaissent des dinosaures (montage de différents plans de THE ANIMAL WORLD réalisé en 1956 par Willis O’Brien et Ray Harryhausen pour le compte d’Irwin Allen), chose impossible sachant que troglodytes et dinosaures n’ont jamais pu se croiser…Le reste est à l’avenant. Demeure la composition de Joan Crawford qui reste incroyablement crédible malgré le ridicule de ses lignes de dialogue (et son taux d’alcoolémie) et celle de Michael Gough, toujours impeccable, que l’on retrouvera deux décennies plus tard en serviteur de BATMAN pour Tim Burton.
Au final, ce n’est pas grand-chose pour ce film qui cumule pourtant les talents devant et derrière la caméra. Il n’en demeure pas moins qu’il faut le voir pour le croire. A ce titre, TROG demeure malgré tout un incontournable pour tout amateur de film fauchés et ratés !


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Article rédigé par Nassim Ben Allal

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