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La Daiei continue d’exploiter l’histoire de Zatoïchi, le masseur aveugle, et son succès. Pour ce troisième opus, il ramène le personnage dans son village natal pour une œuvre tragique et pour la première fois en couleurs. Le studio confie la réalisation à Tokuzo Tanaka, un de ses réalisateurs maison de renom ayant appris le métier avec Kurosawa.


La tragédie en couleurs
Le métrage se situe après les événements du précédent film, Zatoïchi retourne dans son ancien village après s’être vengé en exterminant des yakuzas. Il culpabilise d’avoir recouru à la violence. Le petit instant d’espoir apporté par l’histoire, sa rencontre avec un ami de jeunesse, se dissipe lorsqu’il est attaqué par des yakuzas. Une nouvelle fois, le masseur doit replonger dans la violence. Les choses ne s’arrangent pas lorsqu’il retrouve Banno, celui qui lui a appris à manier le sabre.
Minoru Inuzuka, toujours au scénario, conduit le protagoniste vers la tragédie. Il poursuit le chemin emprunté par l’œuvre précédente. Zatoïchi perd foi en cette humanité qui l’oblige toujours à combattre en utilisant une violence qu’il maîtrise. La mise en scène souligne ce point en filmant les scènes de combats de sabre de loin, ou bien en se concentrant sur les expressions de souffrance du masseur plutôt que sur l’action. Le personnage utilise sa rapidité et son savoir-faire pour en finir vite et laisser l’horreur hors champ. Cette approche, couplée à des plans de Zatoïchi prisonnier de ruelles étroites, plonge le spectateur dans son sentiment d’enfermement. De plus, l’ajout de la couleur permet de proposer une ambiance très picturale utilisant une palette bleue/noire et du clair-obscur pour apporter de la poésie et de la beauté à l’image.


Une société intolérante
L’autre point qui revient dans chaque film concerne le rapport de la société japonaise au handicap à l’ère Edo. Zatoïchi est toujours réduit à sa cécité comme si ce seul fait représentait sa personnalité. Cette société très masculine ne supporte pas les faibles. Toute personne perçue comme un fardeau, femme ou handicapée, est systématiquement maltraitée et victime de violence. Le seul moyen pour le protagoniste de pouvoir exister doit passer par le dépassement de soi. Il devient alors cette légende urbaine dont on parle autour d’un verre, ce masseur aveugle capable de battre une armée avec un sabre.
Le premier long métrage présente ce don comme un superpouvoir offrant à Zatoïchi des capacités presque surhumaines. Ici, le personnage porte cette capacité comme une malédiction qui le prive d’amour. La caméra accompagne chaque utilisation de ses autres sens par un plan sur son visage triste et souffrant.


Sur la route
Ce troisième film fait très répétition sur ses thématiques, mais il reste tragique et beau. Shintarō Katsu incarne l’âme de l’œuvre. Son jeu rend le masseur attachant, faisant oublier la lourdeur de certaines scènes.
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Article rédigé par Faye Fanel
Ses films préférés - Chantons sous la pluie, The Thing, La maison du diable, Evil Dead 2, Fire walk with me... Ses auteurs préférés - JRR Tolkien, Stephen King, Amélie Nothomb, Lovecraft, Agatha Christie... J’adore le cinéma d’horreur et parler de mes nombreuses passions dans mes podcasts sur James & Faye ainsi que sur le site Les Réfracteurs.











