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Dr. Rictus est né de l’association de Dark Horse Comics et Largo Entertainment. Leur but étant de lancer un nouveau croquemitaine (en anglais, boogeyman, soit les tueurs des slashers) à la fois sur le grand écran, mais aussi dans les feuillets d’un comics book (bande dessinée américaine).
Jenny souffre d’un problème cardiaque qui l’empêche de profiter comme les autres adolescents des célébrations du week-end. À ses ennuis médicaux s’ajoute l’arrivée en ville d’une figure effrayante du passé : Evan Rendell Jr, le fils du médecin ayant terrorisé la ville. Il s’est échappé de l’hôpital psychiatrique et cherche à se venger des habitants ayant massacré son père.
Le scénario est ficelé par Manny Coto et Graeme Whifler. Le premier est scénariste et passera à la réalisation avec Dr. Rictus, bien qu’il ait déjà réalisé Envoyé Spécial, ainsi qu’un épisode de Les contes de la Crypte ou encore Monsters (de 1989 et non celle de Netflix). Le second est à l’inverse réalisateur mais n’opère pas comme tel dans Dr. Rictus.
Au casting, pour le rôle du tueur armé d’un scalpel, on retrouve Larry Drake, comédien américain qui s’est fait connaître avec son rôle dans Darkman (1990), Karaté Kid (1984) et La Loi de Los Angeles (1986). Manny Coto exploite pleinement la physicalité du jeu de Larry. Face à lui, la jeune Holly Marie Combs joue parfaitement l’adolescente malade prise pour cible par le tueur. Précédemment, elle avait joué dans Né un 4 juillet, puis elle enchaînera avec la série Un Drôle de Shérif et plus tard Charmed. Enfin, son père est incarné par Cliff De Young qu’on a pu voir dans Les Prédateurs de Tony Scott en 1983, ou encore Shock Traitement de Jim Sharman en 81.


Un slasher sachant slasher
Une inspiration pour Scream ? Impossible de ne pas voir une certaine filiation entre Dr Rictus et le renouveau du genre signé par Wes Craven. D’une part, Jenny a perdu sa mère et a du mal à se remettre de son deuil, d’autant que le retour du fils du médecin fou de la ville va raviver cette perte. Physiquement, il y a même une certaine ressemblance entre la jeune Holly Marie Combs (qui est plus connue pour son rôle dans la série Charmed) et Neve Campbell. À cela s’ajoute le côté ludique et l’humour noir dont fait preuve l’assassin, qui joue avec ses victimes.
Bien sûr, Dr. Rictus s’est lui-même inspiré d’autres slashers (genre cinématographique où des adolescents sont la proie de tueurs souvent masqués). Ses couleurs, avec des verts pétants croisant des rouges flamboyants, des atmosphères d’un bleu électrique pour l’hôpital, font penser au Giallo (genre italien de films policiers très codifiés qui ont inspiré le slasher américain), mais aussi à la saga Freddy (les Griffes de la Nuit), notamment dans la scène où on apprend comment le jeune Evan Rendell Jr a pu échapper une première fois à la police.


Quand le sadisme rencontre l’humour
Le long métrage, en bon héritier de Vendredi 13, multiplie les mises à mort originales. Dans un mélange d’humour, de jeu avec le spectateur, mais aussi avec beaucoup de sadisme, Dr. Rictus va bien sûr user de pratiques et objets médicaux pour achever ses victimes. La scène du thermomètre fera tiquer plus d’un spectateur. Mais celle du tube risque fort aussi de leur retourner l’estomac !
Pour autant, Dr. Rictus ne cherche jamais à jouer la carte du whodunit, pourtant à l’origine du Slasher. Le tueur incarné par l’excellent Larry Drake (Darkman et La loi à Los Angeles) agit à visage découvert. Même s’il laisse peu de survivants derrière lui, les policiers découvrent assez vite de qui il s’agit. Le mystère plane ainsi plus autour du passé de ce médecin fou et de la raison pour laquelle il s’acharne sur les habitants de cette petite ville américaine.
Néanmoins, si le long métrage reste assez graphique, avec beaucoup d’humour, on a du mal à y voir l’aspect cartoonesque qu’aurait pu amener sa production particulière. S’éloignant d’un Freddy Kruger qui lui n’hésitait pas à jouer sur la carte animation dans son 5 ème opus, Dr Rictus reste dans l’univers du cinéma « live », conscient d’avoir un public habitué aux mises à mort graphiques et aux codes du genre.


Une thématique particulière
Halloween, considéré comme le premier Slasher, est indéniablement le long métrage qui a lancé la mode du genre. Il pose cette base : un tueur fou, littéralement échappé d’un asile psychiatrique, revient dans sa ville pour y tuer des adolescents se livrant à la débauche sexuelle lors d’une fête iconique. S’en suivra de nombreux slashers autour d’une fête, comme Meurtres à la Saint Valentin, Douce nuit, sanglante nuit ou encore Vendredi 13 qui s’attache aux camps d’été. Par la suite, différentes thématiques seront suivies, Chucky nous propose une poupée tueuse, Maniac Cop un flic zombie et Les Griffes de la Nuit un démon du sommeil.
À bien y regarder, Dr Rictus renoue avec les éléments classiques du genre. Son tueur revient bel et bien d’un asile psychiatrique, a une histoire compliquée avec la ville, et il enchaîne les meurtres avec une frénésie qui pourrait concurrencer Jason de Vendredi 13, saga qui s’est bâtie sur son bodycount (nombre de morts). Malheureusement pour Dr. Rictus, le slasher est déjà mort et enterré. Il faudra attendre 1996 pour qu’il renaisse de ses cendres avec Scream de Wes Craven.
L’échec est d’autant plus cuisant que le comics non plus ne connaîtra pas plus de deux numéros. Pour autant, le film avait tous les ingrédients pour réussir à impressionner le public. Y compris le jury du grand prix d’Avoriaz. Mais à une époque où le slasher lasse le spectateur, seul l’aspect méta que considérait déjà Candyman, sorti la même année, séduit le public qui boude ainsi le malheureux Dr Rictus. Peut-être que sa ressortie en version restaurée lui offrira une seconde vie, d’autant que la peur du médecin et des opérations reste toujours aussi réelle et le film joue parfaitement dessus.
TEST DU BLU-RAY/DVD
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ESC dans sa collection Slasher propose Dr Rictus dans une édition limitée comportant un disque Bluray ainsi qu'un disque DVD, sur les deux, on trouve des bonus. La restauration met en évidence les qualités visuelles du film, comme les effets pratiques des mises à mort, ou encore les couleurs pétantes qui créent une véritable atmosphère. En revanche, certains effets sont peut-être moins réussis, comme le 3D numérique du générique qui montre l'intérieur du corps humain par exemple, ou encore le manoir gothique de l'ancien médecin. Ceci dit, les plus curieux pourront avoir le détail de ces effets dans l'entretien avec le réalisateur présent dans les bonus. La qualité de la restauration est perceptible, en particulier dans la scène des miroirs, dans à la fête foraine. Ce jeu de miroir ne fonctionne qu'avec une image aux noirs très sombres et ceux-ci ont été respectés, ont conservé leur profondeur. Le grain est assez absent sans que les peaux ne soient trop lissées. La même observation se fait côté sonore. Le son n'est pas distordu ni granuleux, au contraire, il est très bien mixé. Enfin, il est très appréciable d'avoir autant de bonus. Mylène de la chaîne YouTube Welcome to prime time Bitch ! présente le film, mais aussi nous offre une chronologie du genre jusqu'à la sortie du film. Le réalisateur Manny Coto (Les contes de la Crypte, Star Trek) revient sur le tournage en détail, évoquant tout autant le travail avec les comédiens que les effets spéciaux, le tout soigneusement illustré par des extraits du film. => Achetez chez notre partenaire Metaluna |
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite


