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Même si le titre assez significatif laisse augurer un bon film de vampires, nous nous trouvons là en présence d’un thriller policier comme on les aimait à cette époque. Un genre qui faisait oublier pour un temps le quotidien morose d’une population encore sous le choc de la crise économique de 1929. En fait, la K.B.S. Productions, qui signera l’année suivante l’un des premiers films catastrophe avec le Déluge de Felix Feist (une histoire où il pleut sec (?), n’oubliez pas vos parapluies), cette firme donc engage pour ce Death Kiss trois acteurs bien placés au générique du célèbre Dracula tourné l’année précédente par le grand Tod Browning : David Manners (Jonathan Harker), Edward van Sloan (Van Helsing) et, à tout « saigneur » tout honneur, le comte Dracula en personne, à savoir Bela Lugosi. Il sera, bien sûr, le premier suspecté dans cette affaire policière où il s’agit d’identifier un méchant apparemment décidé à saboter un film en plein tournage. L’acte ne paraît donc pas gratuit, celui d’influencer ainsi le public, surtout compte tenu du titre choisi, corroboré sur l’affiche par la pose inquiétante de Bela Lugosi, apparemment habité par de sanglants desseins, tout comme son célèbre congénère King Baggott, le réalisateur/scénariste/acteur rendu célèbre grâce au rôle de Jekyll/Hyde dans l’une de ses toutes premières versions (1913), lequel devait interpréter plus de 300 films entre 1909 et 1947.


Quant au scénariste, inspiré par un roman de Madelon St Dennis, il ne songe qu’à embrouiller les pistes : on tourne un film de gangsters, très justement titré The Death Kiss. Et ne voilà-t-il pas qu’un des personnages censé mourir en scène décède réellement sur le plateau. Il connaît alors son heure de gloire, tant la véracité de la scène paraît satisfaire tout le monde. « Quel talent, mon cher, vous êtes impayable » s’apprête déjà à lui dire le producteur (lequel songeait justement à ne pas le payer…) quand on s’aperçoit finalement que, si l’acteur jouant la victime gagne le moindre Oscar, ce sera malheureusement à titre posthume car il vient réellement de quitter ce monde ingrat ! Panique sur scène, et cela ne fait que commencer, dans la mesure où l’on s’aperçoit que le défunt avait fréquenté une bonne partie du staff féminin, ce qui augmente du même coup le nombre des coupables possibles.
Alors, grosse colère d’un mari jaloux, vengeance d’une malheureuse délaissée, bavure de King Kong qui serait passé par là ? Non, car ce singe, trop souvent à poils, n’apparaîtra que l’année suivante ! Le mystère reste entier et pas moins de soixante quinze minutes seront nécessaires pour débrouiller l’écheveau (et non pas les chevaux, qui se débrouillent eux aussi très bien tout seuls).


Il s’agit là du premier film d’Edward L. Marin, un marin sachant naviguer, spécialiste de nombreux thrillers et de westerns comme Johnny Angel, Les Pionniers Colt 45, La Furie du Texas, The Younger Brothers ou encore le cocasse Homme Invisible contre la Gestapo. Un film devenu depuis longtemps invisible lui aussi (tout comme la Gestapo d’ailleurs !).
The Death Kiss, malgré son modeste budget, bénéficia d’un tournage aux Tiffany Studios, sur Sunset Boulevard, de vastes édifices créés par l’artiste et homme d’affaires Louis Comfort Tiffany, mais fermés du fait de cette même crise économique. Et pourtant, lors d’une avant-première du film le 5 décembre 1932, souvenez-vous (oui, je sais, à votre âge, la mémoire…) plusieurs scènes avaient été teintées pour l’occasion, procédé qui fut abandonné au fur et à mesure de son exploitation et dont les besogneuses tentatives portaient alors les noms mystérieux de « Smell-o-vision », « Emergo » ou encore « Illusion-o »…
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Pour prolonger votre lecture, nous vous proposons :
=> Commander The Death Kiss chez Sin'Art
=> Black Dragons avec Bela Lugosi
=> L’agent invsible contre la Gestapo
Article rédigé par Jean-Pierre Putters

