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La Cité Interdite est le résultat de l’amour de Gabriele Mainetti pour le cinéma chinois et italien. Pour mettre en images ce mariage culturel, il a choisi une histoire d’amour.
Mei débarque en Italie pour chercher sa sœur dans une maison close tenue par une triade chinoise. Ceci l’amène à croiser la route de Marcello, le fils d’un restaurateur italien qui s’est compromis auprès de la mafia. Ce que Mei et Marcello ignorent, c’est à quel point leurs destins sont liés. La sœur de Mei était tombée amoureuse du père de Marcello et tous deux ont disparu. Seule l’association de Mei et de Marcello pourrait faire la lumière sur ce qu’il s’est passé.
Gabriele Mainetti a fait ses débuts sur le grand écran avec On l’appelle Jegg Robot, inspiré tout autant des animés japonais que de Toxic Avenger, sans renier ses origines italiennes. Puis avec Freak Out, il s’inspire tout autant des super-héros que de l’univers du cirque, dans une histoire qui parle de l’arrivée du fascisme en Italie. Avec La cité interdite, il continue à mêler ses inspirations asiatiques avec l’histoire tourmentée de son pays, tout en offrant des personnages attachants.


La rencontre entre les art-martiaux chinois et la mafia italienne
Pour chanter son amour pour le cinéma d’action chinois, Gabriele Mainetti choisit d’investir dans une artiste martiale chinoise : Yaxi Liu (qui a effectué les cascades dans Mulan et Kingdom 4). Dans La Cité Interdite, elle incarne la farouche et courageuse Mei. Le personnage mène seule ses combats, affronte plusieurs dizaines d’hommes de main et, bien sûr, le chef de la triade dans des scènes où la caméra épouse ses mouvements pour une véritable danse chorégraphiée.
Gabriele Mainetti nous fait voyager par son montage tout autant que ses mouvements de caméra entre la Chine et l’Italie, nous donnant la sensation qu’une ouverture de porte suffit à nous propulser à des milliers de kilomètres. Ce qui participe de beaucoup à ce mariage des styles.
Pour représenter la culture italienne, il y a bien sûr la mafia représentée par le personnage d’Annibale incarné par Marco Giallini (Rocco Schiavone et Perfetti sconosciuti). Ce dernier se montre « bon père de famille » en veillant sur Marcello et sa famille, comme sur les immigrés qu’il fait entrer illégalement en Italie, mais on comprend vite qu’il agit surtout pour ses intérêts et que cette bienveillance paternelle n’est qu’une façade. Bien sûr, cela dit quelque chose de l’Italie qui a vécu la dictature fasciste où l’image du père était valorisée et le racisme décomplexé.


L’amour pourra-t-il les sauver ?
Marcello incarné par Enrico Borello (Familia et Sttembre) passe son temps à cuisiner des pâtes italiennes dans le restaurant ouvert par son père qui les a abandonnés. Sa mère se morfond, quand à elle, devant la caisse qu’elle tient depuis le départ de son époux les ayant laissé endetté. Cette vie lui pèse et se retrouve bouleversée par l’arrivée de Mei, plutôt détonante, dans sa cuisine.
Tous les oppose. Elle est silencieuse et dynamique, tandis que lui est ronchon et passif dans sa vie. Aussi, il aurait été étonnant de les voir tomber dans les bras l’un de l’autre. Gabriele Mainetti a l’intelligence de laisser le temps au couple, de ne pas précipiter la romance. Si bien que c’est la vengeance et l’action qui prédominent. Jusqu’à la fin, il respecte ses personnages et jamais l’un n’écrase l’autre. Ainsi leur relation, tissée le long du métrage, est animée, secouée de drames personnels, nourrit par leur soif de justice et de vengeance quand éclate enfin la vérité.
Gabriele Mainetti ne se contente pas de marier la Chine et l’Italie dans son film, il rend hommage au film de genre en mêlant Kong Fu et mafia, mais aussi en empruntant au mélodrame et à la vengeance, deux motifs qui ont imprimé le cinéma italien autant que Chinois. Le tout servit avec une image soignée, où la beauté de la Chine comme de Rome sert d’écrin, et de contraste avec les intérieurs intimistes des restaurants, docks et appartements des personnages.
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Article rédigé par Sophie Schweitzer
Ses films préférés - Le bon, La brute et le Truand, Suspiria, Mulholland Drive, Les yeux sans visage, L'au-delà - Ses auteurs préférés - Oscar Wilde, Sheridan LeFanu, Richard Mattheson, Stephen King et Poppy Z Brite

