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Val Lewton, Nancy Drew, Ulli Lommel, Flower and Snake, Leprechaun, Patrice Herr Sang, Marian Dora.

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Creepshow saison 1 (2019) – Terreur de feu de camps

Un texte signé Faye Fanel

Nationalité
USA
Année de production

2019
Réalisation

John Harrison, Greg Nicotero
Interprètes

Adrienne Barbeau, Giancarlo esposito, DJ Qualls, Tricia helfer

En 1982, Stephen King et George Romero s’associent pour donner naissance à un projet de film horrifique, Creepshow. Les deux amis souhaitent rendre hommage aux bandes dessinées horrifiques ayant marqué leur jeunesse comme Tales Of The Crypt éditée par EC Comics. Cette anthologie propose différentes histoires à la fois drôles et sombres, le but étant de punir ses protagonistes pour leurs mauvaises actions. En 2019, la licence qui entre temps a connu une adaptation en bande dessinée, envahit le petit écran grâce à la série développée par Greg Nicotero.

Creepshow saison 1 04

De grandes ambitions

Greg Nicotero est connu pour son travail de production, de scénariste, mais surtout dans le domaine du maquillage et des effets pratiques. Il est fan du travail de King et Roméo sur Creepshow, mais également des effets gore créés par le talentueux Tom Savini. Nicotero rêve de faire renaître de ses cendres la licence pour en faire une série TV à la manière Des Contes de la crypte. Il développe le projet sous la houlette de la plateforme spécialisée dans l’horreur, Shudder.

Nicotero souhaite offrir la meilleure série possible. Il teste donc différents éléments, que ce soit l’écriture ou les effets. Il se rapproche de l’esprit comics de l’œuvre originale en projetant le public dans une bande dessinée. Chaque histoire débute par une animation de comics. Le lecteur a l’impression de feuilleter les pages. Les plans de transitions reprennent aussi les codes des comics par l’utilisation de cases et de splitscreens. De plus, les moments forts se distinguent par des effets colorés autour des personnages ou par l’ajout d’onomatopées. Le showrunner incorpore aussi le fameux gardien de cimetière sous forme de marionnette puis d’animation pour introduire et conclure les épisodes. Au niveau des scénarios, on retrouve Stephen King et son fils Joe Hill, ainsi que des vétérans de la TV et des comics.

L’amour d’un genre

Ce qui ressort après le visionnage de cette saison 1, c’est l’amour de l’équipe pour l’horreur et ses récits illustrés ou non. Les épisodes sont remplis de citations aux maîtres du genre tel Poe, Lovecraft et bien sûr King. Chaque récit mélange histoires classiques comme les loups-garous, mythologie avec exemple l’histoire d’un Djinn, d’un golem ou bien encore des légendes urbaines. Il règne une ambiance d’histoire racontée autour d’un feu pour faire peur. Elles sont plutôt dans l’ensemble efficaces même si certaines méritent plus de développement pour libérer totalement leur terreur.

Creepshow saison 1 03

Et les sentiments ?

Il en va de même pour l’aspect émotionnel, car certains récits, en plus de leur aspect effrayant, tentent d’attendrir le spectateur. On retient particulièrement la touchante histoire du veuf qui, ne pouvant accepter sa solitude, crée un golem sous la forme d’un épouvantail. Le début de l’épisode est émouvant. Toutefois, l’histoire clichée d’un second personnage harcelé par son frère en diminue l’impact. Le fait de choisir une courte durée (à peu près une vingtaine de minutes) possède ses limites.
Cependant, on trouve des récits marquants qui jouent bien avec le format. L’un des plus impactants compte l’histoire d’une escouade américaine tentant d’échapper, après le débarquement, aux Nazis. Le spectateur se trouve en terrain connu, celui du fort assiégé comme dans Assaut de John Carpenter. Pourtant, rapidement, un twist change totalement la donne pour offrir une histoire fun à la tension bien gérée.
Ainsi, qu’elle soit réussie ou non, chaque histoire reste porteuse d’une morale.

Critique et châtiment

Il faut dire que dans les récits publiés par EC comics, les protagonistes sont souvent punis pour leurs crimes et leur cupidité. La série garde ce principe, et ce, dès son pilote dans lequel un père veuf est puni pour son alcoolisme et l’abandon de son enfant. Il devient petit à petit une créature visqueuse très lovecraftienne. Le public croise par la suite des personnages attirés par l’argent ou bien encore le désir de vengeance. Dans un épisode, un narrateur passe son temps à ressasser sa colère envers son ex-femme, responsable selon lui de ses malheurs.
Après avoir découvert un doigt, il décide de le garder par curiosité. Celui-ci se développe en une créature qui miraculeusement le débarrasse de ses problèmes. La réalisation de ce segment rappelle celle d’un épisode de la série Malcolm avec son personnage principale qui brise continuellement le 4ᵉ mur en s’adressant au public. La fin, rappelle celle de L’Antre de la folie de Carpenter, cette mise en scène, au-delà de l’hommage, permet de parler et de condamner les actes d’un type de personnage que l’on pourrait qualifier d’Incel.

Creepshow saison 1 02

Des visages connus

La série aime prendre des figures connues du petit et du grand écran pour jouer avec. Un épisode met en vedette Tricia Helfer, l’inoubliable numéro 6 de Battlestar Galactica. En rendant hommage au travail de Poe et particulièrement au Cœur révélateur, cet épisode brise l’aura séductrice de l’actrice. Elle campe une femme rongée par l’ambition, prise au piège dans un ascenseur avec la personne qu’elle vient de tuer. Durant l’épisode, le personnage est torturé non pas par les battements du cœur de sa victime, mais par son regard au point de devenir fou.

Creepshow ne pardonne rien à ses protagonistes et les apparences sont souvent trompeuses, les victimes ne sont pas forcément celles que l’on croit. Dans l’épisode mettant en scène David Arquette, le public découvre rapidement que l’acteur n’est pas aussi attachant que son personnage de Scream. Dans un monde rongé par les zombies, il appartient à un groupe dirigeant dont la politique violente et fasciste a été renversée. Cet épisode procédural rappelle étrangement l’actualité des États-Unis.

Plaisir acidulé

Globalement, cette saison 1 de Creepshow réussit à plonger le spectateur dans une ambiance rétro aux visages connus dont on ressent à chaque seconde l’amour pour le genre. Les effets pratiques et les maquillages collent aux récits, livrant de belles scènes bien gore pour le plus grand plaisir des fans.


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Article rédigé par Faye Fanel

Ses films préférés - Chantons sous la pluie, The Thing, La maison du diable, Evil Dead 2, Fire walk with me... Ses auteurs préférés - JRR Tolkien, Stephen King, Amélie Nothomb, Lovecraft, Agatha Christie... J’adore le cinéma d’horreur et parler de mes nombreuses passions dans mes podcasts sur James & Faye ainsi que sur le site Les Réfracteurs.