Un texte signé Patryck Ficini

Italie, Espagne - 1966 - Florestano Vancini
Titres alternatifs : I lunghi giorni della vendetta
Interprètes : Giuliano Gemma, Nieves Navarro, Gabriella Giorgelli, Francisco Rabal

retrospective

Les Longs Jours de la Vengeance

Barnett (Giuliano Gemma) sort de prison bien décidé à se venger de ceux qui ont tué son père et l’ont injustement fait condamné.

Autant le dire tout de suite, cet unique western de Florestano Vancini (à la carrière davantage tournée vers le film d’auteur semble-t-il) n’a absolument pas bouleversé l’histoire du western à l’italienne. Il s’agit simplement de l’un de ces westerns bien faits mais peu inspirés comme il y en eu tant. A des années lumières d’une série Z, LES LONGS JOURS DE LA VENGEANCE n’en reste pas moins un petit film, aussi agréable soit-il.

Les longs jours de la vengeance 01

Si au scénario on découvre Fernando di Leo, spécialiste du genre à ce poste (même s’il n’en a jamais réalisé), force est de reconnaître qu’il fournit là un boulot certes très pro mais peu original. On a dit que ce film était une adaptation du Comte de Montechristo d’Alexandre Dumas… Ce prétexte n’en cache pas moins un énième film de vengeance sans grande saveur.

Giuliano Gemma est méconnaissable au début du film : on ne le voit que de dos, avec une barbe et une chevelure abondante, transformé par des années de travaux forcés. C’est après une efficace scène de rasage (le flingue de Gemma braqué sur le barbier qui a toutes les raisons de le tuer) que notre héros retrouve sa tête de beau gars bronzé à la dentition éclatante. Très vite, il revêt ses habituels vêtements élégants et reprend le style décontracté et plein d’humour qui le caractérisait alors, celui des héros de UN PISTOLET POUR RINGO ou d’ARIZONA COLT, dans la même veine. LES LONGS JOURS DE LA VENGEANCE, qu’on le veuille ou non, devient alors une nouvelle aventure d’Angel Face. Un titre alternatif en a d’ailleurs été FACCIA D’ANGELO pour bien marquer la continuité thématique et commerciale avec le personnage plein d’esprit de Duccio Tessari. Nieves Navarro, elle aussi sortie des deux Ringo, joue ici un rôle important. N’omettons pas non plus l’habituel petit personnage sympathique qui aide le héros de western spaghetti : ici un arracheur de dents teigneux accompagné de sa fille, assurément éprise du beau Gemma. Mais comment pourrait-il en aller autrement ? Leurs apparitions nous valent de jolies scènes de comédie. Les méchants ont quant à eux peu de relief. Heureusement la belle musique morriconienne de Armando Trovajoli ravira les oreilles de tout fan de western italien.

Les longs jours de la vengeance 02

Comme idée (complètement) inédite, on notera la présence d’un shériff corrompu qui a une façon pour le moins étonnante de se servir de son étoile, puisqu’il la lance comme un shuriken ! Le western européen anticipe sur la mode des films de ninjas une quinzaine d’années avant les Shô Kosugi et autres Michaël Dudikoff ! Et même, encore plus fort, avant les ninjas hyper novateurs du James Bond ON NE VIT QUE DEUX FOIS (en 1967). En matière de façons de tuer ou de faire souffrir son prochain, les metteurs en scène italiens n ’ont jamais rien eu à apprendre de personne : souvenons-nous des éperons meurtriers de AVEC DJANGO LA MORT EST LA de Margheriti ou du MOMENT DE TUER d’Anthony Ascott ! Ou encore de la façon toute particulière qu’avait le sadique Tomas Milian de torturer un shériff avec sa propre étoile dans 4 DE L’APOCALYPSE. Et cela allait empirer avec les vagues seventies du giallo et du gore… pour notre plus grande joie.

Hormis cela, on assiste aussi à un passage à tabac vu et revu ailleurs (scène quasi obligée pour les héros italiens depuis Leone) et à une originale mise en image de l’expression « la vie ne tient qu’à un fil ». Hélas, on n’assiste pas vraiment au massacre des inévitables bandits mexicains, incroyablement bâclé. Ce, même dans la version longue (italienne) du film qui, malgré ses presque trente minutes de plus, n’apporte quasiment rien à sa qualité.

LES LONGS JOURS DE LA VENGEANCE s’achèvent par un très honnête gunfight urbain (super moment que celui où Gemma sort d’une armoire comme un diable d’une boîte pour flinguer les types qui ont défoncé la porte qu’elle bloquait !). Le grand méchant tire plusieurs fois sur les jambes de Gemma et on a mal pour lui.
Heureusement que sa bonne étoile ne l’a pas abandonné !



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Article rédigé par : Patryck Ficini

Ses films préférés : Django, Keoma, Goldfinger, Frayeurs, L’Au-delà - Ses auteurs préférés - Robert E. Howard, Alda Teodorani, Robert Bloch, Kââ/Corsélien, Frédéric Fajardie... Passionné de littérature populaire, de fumetti et de cinéma de genre, notamment italien...

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